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Burn Them All | Libre

MessageSujet: Burn Them All | Libre Ven 1 Juin - 3:10
Burn Them All
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Libre  




Le souffle court et un irréductible sourire en coin, une ombre s'était arrachée aux ténèbres mères pour se dévoiler à l'artificielle lueur d'un réverbère, aussi fauve et souveraine que son état le lui permettait. Les muscles bandés au point de céder face à la nervosité primaire qui l'agitait, la jolie rousse s'était pourtant immobilisée sur le pavé sâle, suspendue dans le temps pour fendre de ses iris abyssal ce monde qui lui était autrefois tant familier mais qui, aujourd'hui, résonnait à la manière d'un couteau dans le dos. Alors seulement, la belle prit le temps d'apposer sur son ventre une main plus fébrile qu'elle ne l'aurait aimé, maculant par ce simple contact le diaphane de son épiderme pour un sombre sang qui attisa le grondement sourd de son partenaire, tout aussi mal en point. Rousillon se tenait là, droit et impérieux parmi les ténèbres de Port Pauplie pour en humer toute la crasse et l'amertume, la gueule lacérée par les plaies, l'oeil rendu fou par ses envies les plus belliqueuses alors, lorsque des pas rapides retentirent au loin pour défier ses crocs acérés, le titan de feu arqua ses muscles, prêt à bondir. Ils avaient couru, longtemps couru, mais il semblait que l'instinct de survie n'avait été meilleur carburant que la haine de ce monstre dressé à l'autre bout de la rue, haletant, grognant, le poing prêt à étouffer cette nuque trop délicate. Ainsi, déformé par les ombres et leurs mirages, seul son regard jumeaux à celui de Vanya parvenait à percer l'épaisse obscurité qui les drapait, accordant à l'esprit de la coordinatrice une vision aussi saisissante que cauchemardesque qui, il fallait l'avouer, précipita son cœur dans une alerte aussi vivifiante que mortelle. Elle était parvenue à lui asséner un premier coup qui, s'il n'avait été fatal, lui avait déjà permis d'échapper à sa sanguinaire étreinte alors, l'espace d'une seconde son esprit trop fier envisagea une contre attaque mue par l'insoumission, évalua la distance, leur état respectif et referma dans un sursaut d'énergie ses doigts autour du canif ensanglanté qu'elle tenait encore avec rage. Cependant, lorsqu'une ombre se projeta lentement à ses pieds, chassant son esprit au plus loin de ses retranchements, Vanya comprit que le gigantesque Aligatueur qui l'avait tenu quelques minutes plus tôt entre ses crocs ne la lâcherait pas cette fois, la gueule affamée et  l'oeil rendu fou par les flammes qui courrait encore sur l'entièreté de sa face. Le pâle éclat des réverbères soulignaient ses longues canines acérées, une rangée aussi mortelle que liée par le sang de la jeune femme, prête à achever le travail en un bond.  Alors, Vanya n'hésita plus une seule seconde lorsque ce monstre à la gueule immense s'engagea sur son chemin au côté du titan au regard fou qui le dirigeait, vision de cauchemar qui guettait ses pas blanc pour la traîner à terre et la rendre à la crasse de Port Pauplie.

Une inspiration difficile pour tout guide, Vanya avait alors reprit sa course sous le hurlement de cet homme qui l'appelait avec force. Goelise. Goelise. Par Arceus qu'elle haïssait ce prénom, d'autant plus lorsqu'il échappait aux lèvres de ce géniteur qui n'avait hésité à lâcher son Aligatueur à ses trousses pour quelques insubordinations. Son pénible pas avait alors trouvé écho en le halètement sonore de son partenaire, fendant l'obscurité pour retrouver cette Capitale si cher à son cœur. Son pas blanc avait alors dérapé sur ce chemin, à de multiple reprise pour la contraindre à épouser le sol dans un grondement farouche, plus animal que souverain et si elle se relevait à chaque fois, il ne faisait nul doute que chacun de ses muscles hurlaient face au mouvement, déchiré par les canines de son adversaires, meurtri jusqu'aux chaires. Vanya avait réduit le rythme jusqu'à entamer une marche marqué par le calvaire, portée par cette main accrochée aux murs et un regard si farouche qu'il en était devenu glaçant. Stopper la marche signerait une chute dont elle ne se relèverait probablement pas alors, était-ce l'instinct de survie criant ou bien une fierté impériale qui avait porté cette carcasse à peine vivante jusqu'aux bordures du port ? Nul ne le savait et si Kyogre s'était détournée de cette enfant, il fallait croire que c'était Ho-Oh qui la portait jusqu'aux ivrognes assoupis non loin de là. Ainsi donc la belle aux boucles ardentes avait-elle arrachée cette bouteille de mauvais rhum à un propriétaire mécontenté, maugréant quelques insultes bien vite confrontée aux grondements sinistre d'un Rousillon belliqueux appuyé par l'impitoyable regard de sa dresseuse qui, sans grande gène, avait arraché le manteau de l'autre dans un propos arrachés aux langues du Nord, sauvage et impétueuse.  La morsure du froid la secouait et si elle ne laissa rien transparaître, parfaitement campé derrière ses airs farouche, la belle ne put que se réfugier du mieux qu'elle le pouvait dans ce manteau trop froid. Brr. Poisseux. Cette fois ce fut un frisson de dégoût qui parcourut les membres de la maîtresse coordinatrice pour arracher à sa moue figée un air des plus effroyable. Son superbe, son sublime égo ne s'en remettrait définitivement pas avant un moment. La rousse traîna cependant sa sinistre carcasse sur quelques mètre pour échouer au final sur le bas côté, retirant tant bien que mal son T-shirt pour en faire des bandelettes qu'elle vint doucement appliquer sur les plaies béante de son titan au regard de feu, cherchant au mieux à endiguer les saignements avant de véritablement le contraindre au repos. Puis était venue son tour et il fallut quelque gorgée de mauvais alcool à la belle pour véritablement osé toucher cette monstruosité qui déchirait sa chair. C'était profond, c'était décidément trop laid pour qu'un bandage fait à la lueur de son pokematos parvienne à véritablement la sortir de ce mauvais pas. Surtout avec ces vertiges incessants.

Une grimace au bout des lèvres, la coordinatrice avait de nouveau embrassé l'alcool pour se donner un semblant de courage, peinant ouvertement a approcher cette langue de feu qui brûlait son épiderme pour l'enfermer au coeur d'un tissus souillé. Inspiration. Ca allait le faire. Allez, un peu de courage Goélise, tout se passerait bien. Sa main marqué par le sang, le sien, celui de cette âme jumelle à la sienne qui souffrait à sa droite, celui de son père et surtout, celui de son Aligatueur éborgné par ses soins, vint alors doucement passer sur son ventre pour l'étreindre au mieux entre bandage et grondement douloureux, suspendant de temps à autre ses mouvement afin d'épargner les lèvres que lacérait nerveusement ses canines et ce, avant de resserrer au mieux les bandages de fortune qu'elle tentait de s'appliquer. Nouvelle gorgée d'alcool, elle allait mourir. Elle ne tiendrait jamais jusqu'à Bourg Cadran, c'était un fait, et si son regard vint doucement glisser sur la quantité astronomique d'appel manqués et sms qui lui tendait les bras, une force aussi saisissante qu'illogique la maintenait immobile, incapable de crier sa détresse ou faire éclore cette instinct de survie qui l'avait traînée par delà Port Pauplie. Quelque chose s'était brisé derrière ses grands iris, quoi que théorisait son esprit malmené. Le voile de ses cils vint alors se clore sur l'abysse de son regard tandis que son dos se laissait doucement choir contre Rousillon, dans un grondement significatif. Elle cherchait à taire le chaos qui agitait les ruines de son esprit, enrayer la douleur qui venait mordre encore et encore ses muscles pour finalement se perdre en un fredonnement à peine audible, destinée à apaiser ses nerfs mit à vif par la situation ou retrouver des traditions auquel elle semblait aujourd'hui étrangère. Raillée, chassée et aujourd'hui condamnée par la morsure de Salazar, celle qui fut destinée à l'héritage du clan n'était aujourd'hui qu'une paria, à peine utile à couvrir ses pairs en jouant de séduction et billet glissé ci et là, tout juste utile, au final, à servir d'en-cas. Le conseil ou les Nawra, elle n'avait su faire un choix et aujourd'hui la voici chassé des deux. Physiquement par Kha dans un premier lieu, ses blessures en témoignait mieux que personne, psychologiquement par Meora lorsqu'elle avait décidée de couvrir un champion tordu et dangereux au lieu de sa conseillère. Le conseil lui avait tourné le dos après le bal et si l'humeur massacrante de la belle résultant du retrait de son pokemon partenaire n'avait aidé en rien les relations, personne ne s'était battue pour elle.
Enfin, il y avait bien Erle mais bon, au vu de l'opinion publique agité et enclin à la sauvegarde du fessier de Dame Nawra, il fallait avouer que même lui se voyait dans l'obligation de courber l'échine. Les joies d'être la princesse du peuple. Et dans les bonnes grâce d'Amos parce que bon, c'était quand même lui qui lui avait ramener sa Peluche de feu et jais. Deux éléments externe au conseil au final et si on clamait haut et fort qu'il avait s'agit là d'un besoin pour sauvegarder l'image des champions et briser l'image d'un conseil favorisé par les grâces de Meora. Tu parles. Elle couvrait les interrogatoires musclé de Crawford, les absences répétée de Nero et elle ne pouvait pas sauver les fesses de sa conseillère préférée ? Qulbutoké en tong !



Un glapissement sonore sanctionna le mouvement trop brusque qui s'était vu destiné à se saisir de son infecte bouteille et, comprenant que le tissus autour de ses plaies béante s'était gorgé au mieux de sang, un premier soubresaut agita ce corps étendu tandis que ses lèvres maugréaient avec difficulté une insulte au ciel. Seule, privée de sa meute. C'était donc officiel. Le gentil petit chien avait perdu son collier et se voyait précipité dans une errance des plus atroce. Vanya n'était faite pour la solitude, aucun Nawra ne l'était à dire vrai, bercée par des valeurs propre qui hissait la meute au plus haut. Faire cavalier seul revenait à se condamner et si Vanya avait prit le risque en voulant suivre ses idéaux et rêves, le manque résultant de sa vie à la capitale s'était fait lourd, la précipitant inexorablement auprès de cette famille devenue vitale à ses yeux mais dont les liens pouvaient devenir rapidement étouffants, toxiques. Mortels. C'était peut être pour cette raison qu'elle avait aussi rapidement rabattu ce besoin viscéral sur le conseil, cherchant le contact de tout à chacun pour finalement se heurter contre des murs. Erle était clairement inaccessible et si elle avait tenté une fois de squatter son lit, elle s'était bien vite jurée de ne plus approcher sa chambre. Nero supportait encore ces visites nocturnes destinée à se nicher tout contre ses couettes mais les discussions n'étaient désespérément au rendez-vous. Magnus, c'était mort, elle préférait mille fois embrasser Judas que lui adresser la moindre bienveillance et au final, il n'y avait qu'avec Oreste véritablement qu'elle parvenait à dialoguer, bien que bon, depuis le bal c'était des regards féroces qui sanctionnaient ses pas en direction de notre rousse. Il ne fallait pas déconner, elle avait une réputation de rancune légendaire à entretenir. Et enfin, pour ce qui concernait Meora... C'était... Difficile à exprimer.
Alors c'était donc pour ça qu'elle avait abandonnée la succession de Kha, une prostitution sous les paillettes et faux sourire, une vie feinte et joué du bout des doigts, un semblant de meute qui ne tenait pas.
Elle était donc seule, voici le constat de ses vingt-quatre années. Aussi vulnérable qu'une gamine éperdue, aussi pitoyable que ces gens qu'elle dénigrait du haut de ses talons. Pas étonnant qu'elle s'était faite autant de fois marcher dessus par cette Vermine qui jouait les champions insectes. Pas étonnant qu'elle dû jouer de battement de cils et supplique pour quérir la protection d'Alex. Elle ne valait décidément pas grand chose, la Grande, la Superbe Vanya. Nouveau vertige. L'immobilité ne le chassait décidément pas et bon, mourir sur le bas côté d'une route, en soutif-jean, emmitouflée dans un grand manteau empestant l'alcool n'avait décidément rien d'une fin glorieuse, il fallait l'avouer alors, passant le revers de sa main sur son visage pour en chasser les prémisses de larmes que la fierté tenait à l'écart depuis de longue minute déjà, la belle au visage ensanglanté et la lèvre lacérée vint doucement récupérer son pokematos pour saisir non sans difficulté le numéro de Crawford. Quitte à jouer dans le pathétique, autant rester dedans. De toute manière elle n'aurait supporté exposer sa faiblesse à quelqu'un d'autre, lui la méprisait déjà assez alors bon, un peu plus ou un peu moins, cela n'avait plus aucune importance.
"Sentier trois, près de Port Pauplie. Au bout des traînées de sang. Ramène tes fesses." Avait-elle donc envoyé sans grande aisance, suivit d'un sublime "J'ai de l'alcool" comme pour motiver l'arrivée du ranger jusqu'à elle. Après tout, bon, il était minuit passé, ils n'étaient pas en excellent terme, il y avait peut être ... Une absence de réseau. Ah non, c'était bon.  

Le dos difficilement redressé, appuyé contre un pin à l'allure ancestrale, Vanya avait retrouvée une position en tailleur, le visage maculé par le sang et le regard ancré dans le vide, solidement enchaînée à ses pensées. Elle n'avait cessé de compresser la plaie la plus laide qui barrait son ventre mais il fallait croire qu'elle avait perdue pas mal de sang au final alors elle demeurait là, le visage livide et l'oeil mort. Seule ses lèvres parvenaient encore à fredonner cette comptine autrefois enseignée par sa grand mère, peinant à trouver véritablement sa place au coeur d'une voix brisée pour finalement mourir contre le jappement farouche d'un Rousillon nerveux. Tout crocs dehors, le démon au regard de braise s'était péniblement redressé lorsque le crissement d'un pas sur le chemin se fit entendre, affrontant l'obscurité dans un grondement à faire trembler les enfers, arguant de toute sa musculature des menaces que hurlait son corps pour éclore en une vision saisissante et cauchemardesque. Alors seulement Vanya redressa doucement le visage, refermant difficilement ses doigts autour du poignard qui reposait sur ses cuisses pour scruter à son tour les ténèbres, tenue en éveil par cet appel de la faucheuse qui hurlait devant elle. A croire que Rousillon avait retrouvé un semblant d'énergie... Sa mains gauche vint doucement trouver place sur le collier de son partenaire afin de l'inciter à rester auprès d'elle mais manquait décidément de force pour l'y contraindre réellement alors elle vint se perdre en douce parole, laissant son regard choir sur les multiples hématomes qui marquait sa peau de nacre avant de finalement s'accrocher au muscles saillant du monstre terre et feu dans un sourire en coin, motivé par l'insoumission invraisemblable qui luttait contre la douleur, anesthésié par cette mort de l'âme qui semblait un temps avoir été plus lourde à porter que le feu qui déchirait encore et encore son corps malmené.  
Seule la fatigue restait.
Une fatigue viscérale et irréductible qui étouffait la tension de ses muscles hurlant à la fuite, comme le ferait un laporeille face au canon d'un chasseur ou un Vivaldaim soumis aux envies de chasse d'un certain spectre alors, si ses cuisses ne semblaient plus répondre aux ordres d'un esprit embrumé, ce cadavre au regard abyssal arbora un sourire saisissant tant il tranchait avec l'horreur de la situation. La divine princesse n'avait plus rien de sa prestance, plus proche du chien blessé et acculé qui montre les crocs, aliéné par la douleur ou la haine. Et c'était définitivement ce que renvoyait son regard rendu fauve par les événements lorsqu'une lueur vivace s'y installait comme pour répondre au bruit qui avait éveillé chacun de ses sens : elle était prête à mordre et observait avec une attention toute particulière cette forme se découper à la lueur des réverbères. Peinant vraisemblablement à identifier ce mirage que menaçait le démon dressé à sa droite, Vanya avait finit par l'accueillir via cette bouteille tendu en sa direction, le sourire rendu presque moqueur par l'artificielle lumière.
Je t'avais dit que me retrouver serait simple. Ramène moi au conseil s'il te plaît, j'ai besoin d'une douche et de mes couettes..."

La lèvre inférieur éclatée par les coups porté, sauvagement malmenée par la nervosité pour finalement se complaire parmi les bleus qui jouaient sur son épiderme, son teint livide n'avait pour seuls couleurs que le bleu de ses yeux et ces longues traînées de sang qui résultaient du passage répété de ses mains sur son visage pour en chasser les larmes et la fatigue et ce, pour finalement éclore dans une vision des plus sordides. Après tout, jamais cette divine créature n'avait été aussi proche de l'animal aliéné par la violence subit, sagement assise en tailleur, une lueur aussi fauve qu'insondable au fond des yeux. Comparable au regard de son démolosse lorsque celui-ci s'était engagé sur le chemin de Judas durant le bal. Et ce sourire en coin qui ne la quittait pas... Terrifiant.
Alors seulement peut être le lien entre son patronyme et la piraterie qui sévissait encore aujourd'hui au large de Lernaïaque pouvait se faire, ramenant inexorablement l'enfance de la belle à la crasse de Port Pauplie et ses néfastes influences, la situant plus proche des basses besogne de ce clan barbare que de cette radieuse enfance dont elle se parait lors des interview. Plus proche du sang, de la haine et d'un ésotérisme palpable que du monde si radieux dans lequel elle avait forgée son impeccable réputation.
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Burn Them All | Libre

MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Dim 3 Juin - 0:07
Les muscles tendus et la gorge nouée, les rangers survivants se tenaient dos à dos afin de couvrir une plus large zone de vision. Lorsqu'on les avait appelé au secours au sommet des Monts Azimuts, ils s'étaient attendus à redescendre un randonneur égaré, ou pris par surprise par une tempête. Ils auraient également put s'attendre à un dresseur à la pokéball brisée qui n'aurait donc plus eut le loisir de redescendre avec lui une créature massive mais lui appartenant... Ils ne s'étaient certainement pas attendu à ce que ce soit simple puisqu'ils avaient envoyé avec un petit groupe de ranger avec le maître lui même. Et surtout, ils ne s'étaient pas attendu à ce que l'appel soit en réalité un leurre, et qu'à peine arrivé à l'endroit prévu, une embuscade les attendait.
En fait, il était difficile de qualifier ça d'embuscade. C'était par définition une tactique visant à piéger une cible pour la mettre à mal. Hors, leurs assaillants avaient tout de pokemons sauvages, c'est à dire, certainement pas capables d'élaborer une telle stratégie et obliger un humain à les appeler... Ils auraient put acculer un randonneur, le mettre à mal... Peut être même pire, mais attendre les secours ? Les attendre eux, patienter dissimuler à leurs regards et les acculer dans une crevasse des Monts pour tenter de les décimer ? Le Capitaine Erle Crawford en avait vu des choses incroyables dans sa vie. Mais jamais de la sorte. Tout événement de ce genre trouvait toujours sa source en l'Être Humain. Il le savait. Cependant, ni lui ni ses pairs n'avaient eut le loisir de valider sa théorie.
Ce n'était pas des pokemons ''sauvages'' à proprement parlé qui les avaient acculés. Ils étaient sauvages, mais pas dans le sens de 'créatures vivants sans dresseur'. Il y avait dans leurs regards une fureur et une folie qu'il n'avait put que rarement constater. Le genre de rage qui fait oublier la peur et la douleur. Il aurait tout aussi bien put en estropier un qu'il se serait certainement redressé pour lui rendre la pareil. Il l'avait fait d'ailleurs. La Vaututrice qui avait plongé sur lui aurait put regretter son geste dans d'autres circonstances. Amiral l'avait intercepté juste à temps et si Erle avait achevé de la clouer au sol à l'aide de son compagnon, elle n'avait pourtant pas hésiter un instant à lacérer son bras à porté de serres. Il aurait put s'attarder à rendre le coup, mais un cri l'avait rappelé à l'ordre.
En une fraction de secondes, ils avaient été cernés par une nuée de plumes brunes. Un nid de Vautitrice ? Mais ils étaient rangers, ils étaient au courant de l'emplacement de ce genre d'endroits. Ils savaient également que ce n'était pas la saison des naissances, que rien ne justifiaient une telle agressivité et que ces pokemons bâtissaient leurs nids bien plus en hauteur.
Pourtant, malgré toutes ces constatations, ils étaient là, dos à dos, tâchant de maintenir à l'écart les serres tranchants des Vaututrices. Un Cyclone les balayait efficacement, mais elles revenaient à l'assaut, mais aux yeux de l'ancien pirate, ce n'était pas le plus inquiétant. Non seulement leurs capsticks ne semblaient avoir aucun effet – et s'il n'était pas partisan de ce gadget, la limite de partenaire imposée les handicapait grandement sans ce genre d'artifice – mais la menace n'était pas uniquement aérienne.
Il l'avait vite compris au dépend de l'un des rangers l'accompagnant lorsque son cri fendit l'air. Il délaissa un instant le rapace cloué au sol par son Roucarnage et son regard chercha hâtivement la source du hurlement. Il n'eut que le loisir de voir la tête du ranger Chopper heurter violemment le sol avant de disparaître dans une crevasse qui n'était pas là à leur arrivée. Oh, il s'y précipita dès qu'il l'avait vu, et s'il eut le loisir de voir le visage de l'homme et son expression terrifiée baignant dans son propre sang, il put également apercevoir l'éclat d'écailles rouges. Trop tard. Chopper avait disparu avec son assaillant, et d'un sifflement il attira l'attention des rangers restants. Il donna l'ordre de se regrouper. Ils étaient trois... Trois ? Mais n'étaient ils pas arrivé à 5 ? Bien sûr que si, la question était idiote.
Chopper avait disparu comme avalé par les entrailles de la terre, mais Peeps manquait également à l'appel. Il ne l'avait pas entendu hurler, et seul son Ossatueur tentant de pénétrer une crevasse sembla lui indiquer qu'il avait subit le même sort que l'autre. Un juron lui échappa alors qu'il donnait ses instructions hâtivement. Ils avaient à disposition des capsticks utiles uniquement pour détourner l'attention des pokemons, un Roucarnage, un Batracné et un Ponchien... Le Rhinolove de Chopper était introuvable, l'Ossatueur de Peeps ne répondait pas à leurs appels.
Ainsi se retrouvèrent-ils à trois, assaillis par une horde de Vaututrice et qu'Erle identifia comme un Crocorrible quand sa gueule ouvrit le sol pour tenter d'attraper l'un d'eux. Mais ils étaient désormais sur leurs gardes et la stratégie avait été donné. Le Ponchien et Amiral étaient chargé de libérer les cieux à grands renforts d'Hurlement et de Cyclones, tandis que le Batracné s'était retrouvé à sécuriser le sol au cas où leur assaillant souterrain ne décide à nouveau de tenter d'attraper l'un d'eux.
La situation précaire dans laquelle ils venaient de se retrouver en une fraction de seconde ne dura ceci dit pas beaucoup plus longtemps. Chacun d'eux auraient put estimer les heures durant lesquelles ils avaient dut faire face à une horde de Vaututrice – quoique Fligh informa plus tard Crawford qu'elle avait crut voir des plumes vertes entre le plumage des rapaces juste avant qu'elles ne se retirent –, et à quel point l'épreuve leur avait semblait longue, en réalité, ils n'y restèrent que quelques minutes. Intenses, certes, mais courtes. Les volatiles, balayés par un Cyclone plus puissant que les autres certainement, avaient finit par se disperser sans prévenir, de la même manière qu'ils étaient passé à l'action. Et si au sol par moment la roche avait semblé se soulever pour laisser entrevoir un regard prédateur, tout semblait avoir retrouvé un calme plat.
Alors un silence pesant c'était abattu sur les Monts Azimuts alors que les trois rangers présents évaluaient la situation. Entourés de plumes brunes, de débris de roches et même de quelques cadavres de Vaututrice, brisés par les serres d'un Roucarnage vigilant, ils observaient hébétés la scène. Et puis, comme un éclair dans le brouillard, ils se séparèrent d'un commun accord vers les tranchées creusés par leur assaillant souterrain. Erle trouva dans celle qu'il examina des touffes de poils blancs, et son espoir – déjà maigre – de retrouver le Rhinolove de Chopper en vie s'éteignit. Il ne put cependant descendre plus bas.  Fligh tenta de se glisser dans celle qu'elle examinait avant d'être sévèrement rappelée à l'ordre par son supérieur. Il avait déjà perdu deux de ses rangers, il ne comptait pas laisser la troisième courir à sa perte. Et puis, Lejuin les appela subitement, avec le ton pressé de celui qui avait fait la plus grande des découvertes, et ils le rejoignirent à grands pas. « Ca pisse le sang, merde ! » qu'ils l'entendirent marmonner alors qu'il tirait quelque chose à lui. Quelque chose, ou quelqu'un.
Erle l'aida à remonter son paquet, et ce fut le visage de Peeps qui émergea des entrailles de la terre, couvert de sangs et de poussière, mais vivant, et conscient. Conscient, il l'était, mais pas forcément lucide. Agité, tremblant, il tenta de se débattre en sentant la prise de ses compagnons sur épaules et ses bras. « Il a eut Chopper ! Il a eut Chopper ! » qu'il répétait inlassablement d'une voix cassée. A côté de lui finit par émerger son Ossatueur aidé de Fligh. Sa Mass'Os disparue, le crâne qu'il portait fendu, il n'était pas dans un meilleur état que son dresseur, mais était certainement la raison pour laquelle il avait eut Chopper, mais pas Peeps.
Il fallut un temps à ce dernier pour se remettre un tant soit peu de ses émotions. Il avait la jambe broyée par ce qu'Erle identifia comme les crocs carnassiers de ce qu'il avait vu emporter Chopper, et il était couvert de sang qui n'était pas forcément uniquement le sien. Il répétait sans trêve qu'il[/il] avait eut Chopper, jusqu'à ce qu'il se fasse bander brusquement la jambe. La douceur n'avait jamais été le fort du maître ranger, et il ne s'en était jamais vanté d'ailleurs. Au moins pouvait-il assurer que son atèle de fortune tiendrait la route jusqu'à leur retour au QG et que Peeps ne se viderait pas de son sang, c'était déjà ça de pris. Et surtout, la douleur réveilla en partie la lucidité du ranger ce qui lui permis de répondre aux questions de ses pairs. Chopper était mort, il pouvait l'assurer, de même qu'il pouvait assurer que la chose qui lui avait mordu la jambe l'avait relâché grâce à son Ossatueur, et qu'elle avait finit par perdre un œil grâce à une Mass'Os brisée par un précédent assaut.
C'était comme ça qu'il s'en était sortit vivant, pas indemne, mais vivant, et ce fut en larmes qu'il finit par remercier le ciel. « Qu'est ce qu'on fait ? ». La voix rauque de Lejuin brisa un instant les sanglots sourds de Peeps et attira le regard d'Erle. Il lorgna un instant son bras lacéré, le visage de Fligh qui observait nerveusement les alentours et l'expression dure de Lejuin. « Fligh ramène Peeps au QG » qu'il laissa tomber lourdement. Lejuin et lui resterait pour inspecter la zone à la recherche de potentiels indices, de cette personne les ayant appelé au secours et peut être même des restes de Chopper, ou de son Rhinolove. L'espoir était inexistant aux yeux du maître ranger, mais les autres arguments valaient de rester. La zone était dangereuse, s'il s'avérait qu'il s'agissait en effet d'un nid de Vaututrice, il faudrait en restreindre l'entrée. Pour le reste, il était convaincu que rien de tout ceci n'était normal.
S'il avait eut plus de temps pour fouiller les lieux, peut être aurait-il trouvé un étrange symbole griffonné sur l'un des rochers. Peut être même aurait-il eut le loisir de retrouver les traces d'un passage humain encore récent... Mais même si Lejuin était un ranger solide auquel il pouvait faire confiance, même si Amiral semblait encore bien vaillant malgré un assaut sauvage, et même si le Ponchien de son collègue était à l’affût de la moindre trace, prêt à débusquer quoique ce soit de suspect, il n'eut aucune des preuves qu'il recherchait. Un coup du ''Destin'', sûrement.
La nuit les rattrapa extrêmement vite, et malgré un dégoût viscérale à abandonner les fouilles – seul le cadavre de Chopper avait finit par être déterré, parce qu'il méritait au moins un enterrement décent – Erle jugea plus prudent de ne pas s'attarder plus longtemps aux Monts Azimuts. S'ils subissaient à deux la même attaque que précédemment, ils n'en sortiraient pas avec la même chance.
Ainsi regagnèrent-ils le QG, non seulement bredouille, mais avec le corps d'un jeune ranger qui avait tout de prometteur. La famille devait être prévenue, le compte rendu devait être fait et la zone devait être fermée pour plus d'investigations dans le futur. Il délégua les deux dernières tâche à Lejuin et à Fligh pour se tourner vers les proches de Chopper. Il vivait seul à Bourg Cadran, mais il avait un père à Policité. Trop loin pour s'y rendre ce soir.
Alors, dans un grognement, Erle repoussa l'infirmier qui se proposait de bander son bras et s'enferma dans le bureau qui lui était réservé. Seul face à ses pensées, il s'occupa lui même de sa blessure, certainement moins bien que l'aurait fait un professionnel. Tant pis. Il voulait profiter de sa solitude et ressasser les événements. Tout était allé trop vite et il s'en maudit intérieurement. Depuis quand les choses allaient trop vite pour lui ? Il n'aimait pas sa charge, c'était un fait, mais laisser mourir les jeunes rangers étaient encore pire que se retrouver enchaîné à ce poste. Un nouveau juron lui échappa alors qu'il fixait maladroitement ses bandages. L'espace d'un instant, le visage de Chopper lui apparut clairement à l'esprit, l'expression apeurée et la main tendue vers lui. Certainement avait-il crié à l'aide avant de s'évanouir dans la terre, sûrement avait-il espérait que quelqu'un vienne le tirer de là avant qu'il ne soit trop tard...
Lourdement, sa main valide vint s'abattre sur le combiné du téléphone présent sur son bureau. Il avait le numéro du père de Chopper. Il ne savait même pas comment annoncer la nouvelle... Ha... Et il ne connaissait même pas son prénom. Un instant, il ferma les yeux. « Monsieur, j'ai le regret de vous annoncer que votre fils a perdu la vie.. ».. Direct, manquant cruellement d'empathie, il répéta la phrase dans sa tête en composant le numéro. Il n'y avait pas de bonne manière d'annoncer ça, et encore moins de relativiser cet état de fait par une action héroïque. « Il est mort en sauvant une vie. » qu'il aurait put expliquer dans d'autres circonstances. Mais Chopper était mort.. Parce que. Juste parce que. Parce qu'il n'avait pas eut de chance, parce qu'Erle avait fait une erreur, parce qu'il était partit aux Monts Azimuts, parce qu'il était devenu ranger... Juste parce que.
Alors la sonnerie retentit, une fois, deux fois, trois. Personne ne vint décrocher. Il était tard, Chopper Senior aurait dut être présent chez lui. Etait-il en bon terme avec son fils ? S'il était originaire de Crescente, pourquoi n'avait-il pas directement passé l'examen là bas et être affecté là bas ? La question resta en suspens autant que la sonnerie. Il n'y eut même pas le message qu'on laisse pour présenter le répondeur. Rien, juste du silence.
Alors Erle raccrocha. Etait-il soulagé ? Il devrait tout de même rappeler plus tard... Le lendemain sûrement, car plus tard il serait trop tard. Alors il se leva et quitta son bureau pour rejoindre Lejuin qui écrivait le compte rendu. D'un regard, il parcourut le rapport et lui donna quelques indications et quelques informations en plus à rajouter avant de rejoindre Fligh dans la salle de la Carte. Il l'aida à baliser l'endroit et donna des indications aux autres rangers présents. Il leur faudrait y retourner avec une équipe mieux préparée au terrain, et quelques pokemons partenaires en plus pour ne pas se retrouver aussi désarmés. Pas ce soir, demain. Demain à la première heure. Cela semblait bien, logique et prudent. Il donna de nouvelles indications sur l'équipe qu'il recommandait. Un Alakazam ou un Gardevoir disposant de Téléport lui semblait le plus important, deux types sols pour couvrir les assauts souterrains, deux types électriques pour la paralysie. Quelque chose comme ça.
Il passa ainsi le reste de sa soirée à gérer les préparations des missions, remplir quelques documents et formulaires sur les arrêts de criminels. C'était idiot. Ce n'était pas à eux de gérer ça mais à la branche policière. Pourtant lui même avait été placé en tant que maître ranger pour effectuer un travail policier et gérer les pirates rigelois. Hmpf, la bonne blague. Son regard dériva un instant du stylo qu'il tenait à la fenêtre de son bureau. Il faisait nuit. Nuit noire. Présageait-il une tempête ? Ridicule... Il était loin le temps où, à la barre de son navire, il pouvait prédire l'arrivée de l'orage. Heh... Même pas capable de prédire l'attaque de pokemons sauvages.
Alors dans un sursaut de fureur et dans un geste vif, son stylo vint s'écraser au sol à quelques mètres de son bureau, ricocha deux fois et finit sa course en roulant jusqu'au mur. Debout, tête baissée et mains fermement posées sur la surface en bois de son plan de travail, le capitaine Erle Crawford peinait à garder le calme olympien qu'il avait bâtit pendant ses longues années de 'bons et loyaux services'. Il avait respiration lourde et lente de celui qui inspire pour se remplir complètement les poumons. Les muscles tendus, les mains crispées, il avait fermé les yeux pour s'isoler d'un lieu qu'il ne reconnaissait pas comme faisant parti de 'son' monde. Son monde était bâtit de vents salés, de mers, d'océans et de libertés, pas de murs, de formulaires à remplir et d'échecs pitoyables. Pourtant il était là. Par promesse, par loyauté, par dépit. Peu important, il était là, et la colère battant à ses tempes dut bien vite battre en retraite au plus profond de son esprit pour se taire. « Peu importe Erle, je reviendrais et tu le sais.. » qu'il put presque l'entendre susurrer dans son esprit avant de rouvrir les yeux. Il le savait, mais peu importait. Il attendait son heure, et bientôt, cette rage sourde qu'il savait présente en lui, bouillonnant d'impatience, serait bientôt rassasiée. Son instinct le lui disait. Qu'il s'agisse d'un plan qu'il aurait échafaudait, d'un bouleversement rigelois ou simplement d'une crise qu'il ne pourrait contrôler le moment venu, il savait que la situation changerait sous peu, il le sentait.
Alors, avec la lenteur calculée de celui qui lutte encore pour garder le contrôle sur ses mouvements, le capitaine Erle Crawford contourna son bureau, fit quelques pas et s'accroupit pour récupérer le stylo malmené. Encore quelques documents à remplir. Quelques uns, le lendemain serait pareil. Il déglutit et inspira. Le surlendemain serait pareil également, mais il était patient, aussi effrayante soit cette constatation. Ces années de 'bons et loyaux services' ne seraient pas suffisante à le briser, ni lui, ni cet esprit libre qui l'habitait. Meora s'endormait sur sa vigilance, elle avait tort et...
Et la sonnerie de son pokématos le surpris suffisamment pour le faire vérifier.
"Sentier trois, près de Port Pauplie. Au bout des traînées de sang. Ramène tes fesses. J'ai de l'alcool.".
Numéro non enregistré, pourtant, à l'endroit d'où le message avait été envoyé, et au ton employé, une image mentale de la personne le lui ayant adressé s'imposa dans son esprit. Sûrement aurait-il eut l'occasion de s'indigner de cette familiarité, dresser plus de théories, mais son rôle de ranger s'imposa subitement à lui, plus impérial qu'il ne l'aurait pensé. Du sang, des traînés de sang. Il s'agissait ou d'un meurtre – auquel cas, lui envoyer le message n'était pas forcément le plus indiqué – ou de... Il pencha pour la deuxième option et laissa aller son stylo à nouveau au sol. Le pas lourd mais décidé, il quitta son bureau pour récupérer Amiral au Centre Pokemon mis à disposition spécialement pour les rangers. Le Roucarnage allait bien lui avait-on dit. Parfait.
Port Pauplie avait ça de bien qu'il ne se trouvait pas loin de Bourg Cadran, relié à la capitale par ledit Sentier 3, alors, il n'eut qu'à chevaucher son compagnon et se fier à sa vision perçante pour retrouver la trace de la source du message, et lorsqu'il mit pied à terre, ce fut un spectacle désolant et un grognement qui l'accueillit.

Vanya, maîtresse coordinatrice, étoile montante de Rigel, abattue sur le rebord d'un sentier mal famé. Elle était encore vivante comme en témoignait son regard – l'espace d'un instant, celui de Chopper, vide, s'y superposa et il dut cligner des yeux pour l'effacer –. Elle lui adressa quelques mots et lui tendit alors une piteuse bouteille qu'elle tenait entre les doigts. Il ne se donna même pas la peine d'y répondre en attrapant le rhum et en le jetant au loin brusquement. « Silence ! » qu'il siffla alors sèchement entre ses dents en s'accroupissant à ses côtés. Son regard se posa un instant sur le Démolosse qui grognait toujours un peu plus fort à chacun de ses mouvements et il l'en fusilla. Ce n'était pas l'heure pour ça, et derrière lui, Amiral ébouriffa ses plumes, promettant une menace qui s'abattrait lourde de conséquences à la moindre morsure impromptue.
Cependant, rien ne vint, ni morsures ni attaques, rien qu'un grondement sourd roulant dans la gorge du molosse qui semblait aussi mal en point que sa dresseuse... Quoique lui ne risquait pas de voir ses entrailles s'échapper de son corps à tout instant, au moins ça. Lorsqu'il se rendit compte de cet état de fait, l'ancien pirate n'hésita pas un instant. Il était venu seul dans le doute, mais il ne pouvait pas gérer ça seul. Ni même espérer les transporter tous les deux jusqu'à Bourg Cadran. Amiral aurait put en le laissant lui sur place, mais Vanya ne tiendrait pas seule dans son dos, et porter le Démolosse dans ses serres étaient non seulement dangereux pour son compagnon à plumes, mais également pour le chien qui aurait risqué de voir ses blessures aggravées. Alors, posant une main sur celles de Vanya qui tentait tant bien que mal de comprimer sa blessure, il appela les Urgence et donna quelques ordres précis, secs et tranchants. Il voulait une ambulance, il l'a voulait pour tout de suite, et il la voulait avec un infirmier pokemon en plus.
Rappeler Rousillon était sans doute la meilleure chose à faire. Non seulement parce qu'ainsi, il aurait put transporter Vanya, mais également car la pokéball aurait stabilisé son état – bien qu'il aurait été incapable d'en expliquer la raison –. Pourtant, au regard du pokemon, il comprit aisément qu'il ne le séparerait pas de sa dresseuse, même si cela était stupide... Alors, au lieu de tenter de le faire plier, il se concentra sur l'était de la coordinatrice. Il n'y aurait pas eut son regard fauve, il ne l'aurait pas reconnut. Elle semblait avoir été roulée dessus par un poids lourd, plusieurs fois et.. Cette plaie au ventre... Les chairs déchirées faisaient peine à voir. Il avait retiré les bandages de fortunes pour faire les siens avec le blouson de l'uniforme de ranger. Cela lui sembla plus indiqué que les restes de ce qui avait semblé être le haut de la rouquine. Il serra également plus les pansements de fortune pour limiter les saignements et y apposa une plus forte pression. Erle et sa douceur légendaire étaient là, présents pour s'occuper de la frêle jeune femme...
Frêle ? Ce regard brûlant n'avait rien de fragile. Pour ça, Erle devait s'incliner, il avait rarement connu une personne avec un regard aussi intense, et il ne pourrait pas enlever ça à Vanya. Même agonisante, livide et incapable de bouger, ses yeux restaient deux orbes brillantes et brûlantes... C'était bon signe, songea t-il, cela voulait dire qu'elle était encore là, avec lui, et qu'elle tenait le plus possible son esprit loin de la Faucheuse... Pour le reste... Il n'était pas médecin et n'avait pas de quoi la soigner plus convenablement.
Mince... Bourg Cadran était donc si loin de là où ils se trouvaient ? Les ambulanciers étaient-ils toujours aussi lents ? D'un geste de tête, il intima à Amiral de prendre son envol, repérer l'ambulance et les guider ici s'ils venaient à se perdre. « Cloportes ! » se surprit-il à marmonner entre ses dents, la mâchoire serrée et douloureuse sous les nerfs. Vanya était glacée et la présence de son colosse de feu à ses côtés ne semblaient pas influer sur son état. « Accroche-toi » qu'il lui souffla donc avec la douceur dont il était capable. « Accroche-toi parce qu'il faudra retrouver l'enflure qui t'a fait ça et le faire payer ». Son ton était déjà plus dur. Il savait la jeune femme vindicative, elle le leur avait prouvé après qu'on lui ait arraché son compagnon. Il supposait donc que la meilleure façon de la rattacher à la vie, était de la rattacher à un sentiment de colère de la même façon qu'il savait se rattacher à sa rage pour ne pas oublier d'où il venait, quand il se surprenait parfois à se complaire dans cette tâche ranger qu'on lui avait imposé.

Alors, il continua à lui parler, peut être pas forcément de vengeance, il s'agissait même surtout de mots d'encouragements pour ne pas s'endormir, et de la rassurer, que l'ambulance ne tarderait plus. Et de la même manière qu'il lui sembla avoir subit l'assaut des Vaututrices de longues heures durant, le temps que les lumières et la sirènes du véhicule des urgentistes se fassent percevoir lui parut se rapprocher d'une éternité. Pourtant, ils arrivèrent en quelques minutes pour retrouver le maître ranger tenant d'un bras la maîtresse coordinatrice, apposant son autre main sur son ventre. Elle était couverte de sang, plus morte que vive. Le visage maculé de terre, de poussière et de résidus sanguins lui donnait déjà l'allure d'un cadavre, pourtant, lorsqu'ils purent croiser son regard, l'un d'eux sentit un frisson lui parcourir l'échine. L'espace d'un instant, il lui sembla entrevoir quelque chose de surnaturel, comme si la personne qu'ils étaient en train de soulever sur leur civière n'était plus vraiment humaine... Mais plus morte que vive, peut être ne l'était-elle déjà plus... L'impression disparue aussi vite qu'elle lui était apparue et il s'affaira bien vite avec ses collègues.
Ainsi chargèrent-ils le plus rapidement possible et la maîtresse coordinatrice et son compagnon canin dans le véhicule, laissant la place au maître ranger de s'y glisser avec eux. L'ambulance partit peu à peu dans un grésillement de sirène d'alarme pour atterrir à l'hôpital où le capitaine Crawford fut laissé à l'écart... Il fallait évidemment l'opérer, il le savait. Il aurait dut repartir, s'occuper des dossiers qu'il avait laissé au QG. Sa présence était aussi utile qu'un pansement sur une poupée de terre, il le savait, rien ne servait d'attendre. Pourtant, quelques heures plus tard, ce fut bien Erle Crawford, à moiti assoupi sur une chaise de la salle d'attente que l'on retrouva.
Le spectacle était assurément cocasse, peut être moins quand l'un des infirmiers s'approcha de lui pour le réveiller et l'informer que l'opération c'était bien déroulée, et qu'au lieu de ça, seul un glapissement lui échappa quand la poigne du ranger s'était refermée dans un sursaut sur la main qui tentait de lui toucher l'épaule. Les gens présents notèrent ainsi de ne jamais plus s'approcher du maître ranger quand celui-ci dormait.

Ils y repensèrent quand plus tard, Erle Crawford passa à nouveau le seuil de l'hôpital. Le pas lourd mais toujours vif, il traversa sans plus cérémonie le hall d'entrée, fila à travers les couloirs et les étages avant d'atterrir devant la chambre qui accueillait sa collègue du conseil. Il avait l'uniforme poussiéreux de celui qui venait de baliser la zone du Mont Azimut désormais interdite au public et qui venait à peine de rentrer. Vanya était réveillée, l'avait-on informé. Il s'était rendu à son chevet peu après pour s'enquérir de son état. Elle semblait aller bien compte tenu de l'état dans lequel il l'avait retrouvé. Elle avait reçu des fleurs, beaucoup de fleurs, et des cartes aussi, ainsi que des friandises. La nouvelle n'avait pas traîné et une nouvelle fois, l'ancien pirate se rendit compte à quel point elle était appréciée comme figure iconique de Rigel. Il crut même voir l'un des bouquets signé de la main de Meora.
Ainsi, posté dans l'encadrement de la porte, son regard balaya un instant la pièce avant de se poser sur sa jeune consoeur d'un air sévère. C'était évidemment son air naturel... « Toujours en vie à ce que je vois. ». Plus une constatation qu'autre chose, il ne se permit pour autant pas de faire un pas en avant. « Il faut qu'on parle Vanya. Te sens-tu capable de répondre à mes questions ? ». Il avait le ton sec habituellement, et cette occasion ne dérogeait pas à la règle. Le regard dur aussi, qui ne se baissait pas, jamais, devant personne. Pourtant, pouvait-on y lire un semblant d'inquiétude ? Sûrement, la même que l'on aurait put entendre quand il s'adressait nerveusement à sa collègue pour la maintenir éveillée.
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Dim 3 Juin - 3:13
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Erle  



Silencieux, le voile de ses long cils s'était levée sur les pétales suspendus non loin de son visage lorsqu'un bruissement glissa à quelques mètres de là, éveillant chacun de ses sens dans un calme des plus effroyable. Pas un sursaut, pas un cris, seule cette oreille alerte et ce regard fermement accroché aux bouquets qui lui faisait face témoignait du déclin de Morphée, précipitant la maîtresse coordinatrice dans une réalité aux airs de torpeur, embrumée par les médicament et une fatigue mordante. Elle était pourtant certaine d'avoir sentit un baisé s'apposer sur son épaule et, cernée entre le brouhaha de son esprit, la voix de Lysandre tremblante à demi. Ses mots demeuraient obscures, ceux de l'infirmière tenu tout près également et pourtant, il devenait clair que son arrivée n'avait été drapé par la pudeur ou la discrétion. Qu'elle heure était-il ? Son corps s'était alors doucement incliné, attisant la précipitation d'un ami au regard rougit et celle d'une infirmière trop douce qui, après avoir timidement intimé le repos à la coordinatrice, s'était vu décoché un farouche regard en pleine âme. On avait désespérément tenté de la rassurer, lui promettre un rapide retour à la normal mais la rousse à la peau diaphane demeurait sourde aux appels à la raison, arguant son désir de rentrer, de fuir ce regard que Rigel avait apposé sur son épiderme lorsqu'elle avait passé le pas de cette cage. Elle suffoquait, prise entre les épines des bouquets dressés autour d'elle, étranglée par les cartes et leurs signatures. Son regard s'était alors plongé dans les pupilles du journaliste assis à quelques centimètres de son épave, grattant encore et encore cette âme pour se réfugier tout contre elle pour finalement se dérober au profit d'un geste aussi nécessaire que pathétique. Elle avait cherché le contact de ses bras, s'était péniblement hissé jusqu'à cette étreinte maladroitement refermée autour d'elle pour finalement laissé échapper un premier sanglot à ses lèvres pincées, faiblesse d'un cœur malmené. Puis avait véritablement éclaté les pleurs lorsque, mises à l'abri par ce cocon de douceur, Vanya s'était vue couronnée par un baisé humide et la voix tremblante de Lysandre. Puis plus rien. Encore.
Cela faisait près d'une demi-heure déjà que Vanya ressassait avec la plus grande difficulté les derniers événements de la journée, éconduite par un corps léthargique, repoussée par la mémoire jusqu'à épuiser les nerfs. Tout lui revenait par bribe seulement, laissant à ses lèvres une amertume des plus irritantes. Comment était-elle arrivée ici déjà ? Erle ? La coordinatrice était persuadée d'avoir affronté son intimation au silence dans un rire soldé par un glapissement douloureux. Oui, c'était ça. Elle revoyait sa main fermement appuyé contre son ventre, percevait à peine l'écho de propos dont elle avait oublié le sens jusqu'à finalement, confronté au brouillard de ses souvenir, porter son regard sur l'étrange couronne à paillette qui reposait contre son oreiller. Quel con. Lysandre avait vraiment osé la lui ramener.

Puis était venu les médecins, acheté à coup de battement de cils pour ne permettre à quiconque de passer le seuil de sa porte, prétextant l'épuisement ou de nouveau soin pour permettre à la demoiselle de retrouver ses marques, loin des attentions étouffantes ou des regards malsains. Elle avait ainsi refusée toute visite depuis son dernier éveil, allant même jusqu'à demander aux infirmières de tenir à l’écart Meora lorsque celle-ci était venue. Personne ne devait la voir dans cet état. Personne. Alors la belle s'était longuement enfermée dans cette bulle silencieuse, un panier de chocolat sur les genoux et le regard fermement accroché à l'aurore qui la saluait au loin. Elle avait longuement prié son égo pour qu'il la porte jusqu'au jour naissant et au final, il fallait croire que c'était le Maître ranger dont elle s'était longtemps plu à darder de son intransigeant regard les nerfs qui l'avait maintenu en vie. A croire que son message avait trouvé bon destinataire au final.

« Erle Crawford est là ? » avait ainsi-t'elle demandée à l'infirmier venu inspecté ses bandages, une douceur retrouvé au bout de la voix.
Le chef ranger était parti lui avait-il répondu dans un doux sourire, comme saisissant la soudaine déception qui s'était glissé sur le visage de son homologue , avant de souffler dans un tendre sourire qu'ils le préviendrait de l'éveil de sa jeune consœur. Et c'était ce qui, semblait-il, s'être passé.
 « Toujours en vie à ce que je vois. » Un sursaut s'était emparé des épaules de la rousse lorsque, saisit hors de sa torpeur par la voix du Maître Ranger, Vanya s'était brusquement retournée. Erle se tenait là, gigantesque et immobile dans l'encadrement de la porte, tenue en laisse par une force invisible pour au final arborer un air décidément trop dur. Intransigeant. C'était peut être le mieux au final, Vanya haïssait être prise en pitié.

« Ou peut-être vois tu  tout bonnement les morts Crawford. Je suis peut être venue hanter ta vie parce que tu as refusés de me laisser squatter ta chambre lors de ma dernière insomnie. C'est triste. » Réponse aussi vive que spontannée, Vanya n'avait sû taire ce sourire plus amusé que moqueur qui avait fait face à la sévérité de l'Homme pour finalement le tendre au maître ranger dans une douceur tranquille. Puis, lorsque l'interrogatoire s'annonça ce fut d'une main tendu en sa direction que la coordinatrice l'invita à approcher et prendre place tout près de son lit, le regard fermement ancré dans le sien, à la recherche d'une signification à cette lueur qu'elle ne lui connaissait pas. Il avait l'air épuisé.  Tellement épuisé. "Tu complexes parce que maintenant j'ai sans doute plus de cicatrice que toi ? Allez, ne fait pas la tête et prend un chocolat, tu as l'air d'en avoir autant besoin que moi. Ceux à la vanille sont a moi par contre, je ne partage pas." Glissa telle tout en fouinant d'un oeil attentif dans la boite afin d'analyser au mieux la composition de ces mets. Tentait-elle de retarder l'inévitable ? Sans doute un peu à dire vrai. Pas sûr qu'elle soit en capacité d'apposer des mots sur ce chaos qui secouait encore son âme. Elle sembla chercher alors longuement ses mots, laissant son regard choir contre ce bras sauvagement marqué par les hématomes et plaies pour finalement revenir à Erle. C'était de ma faute tu sais... Si j'étais plus docile, Rousillon serait dans un bien meilleur état... Et moi assise dans la salle de réunion d'ici quelques heures. Superbe et rayonnante, comme à mon habitude. Les gens ne me dévisageaient pas comme il le font... Je fais si peur que ça à voir ?"

Et elle avait fouillé du regard les alentours, se saisissant de sa couronne pour l'apposer sur son crâne avant d'attraper les autres chocolats et friandises qu'elle posa soigneusement son lit, entre elle et son comparasse comme pour silencieusement l'inviter à se repaître. Ses grands yeux bleus s'étaient alors accrochés à cet uniforme, insulte à la légende qui auréolait cet homme, longuement accroché à cet uniforme. Et oui, Vanya faisait partit de ses enfants qui, bercée par les récits de piraterie, portée par les exploits de Crawford, avait finit par le considérer comme le libérateur de Buccanie, celui qui aurait sû arracher le collier de cette île pour lui rendre toute sa splendeur. Splendeur qui aujourd'hui sonnait comme un vieux conte plus que de l'Histoire. Alors le voile de ses cils s'étaient levé sur la massive carrure du brun, s'accrochant à son regard de rapace pour tenter d'exorciser les démons qui s'y tapissait. S'il dégageait un charisme des plus intimidant, son allure altière forçait de temps à autre le respect de la rousse pour la conduire au sein d'une tranquillité des plus étonnante et pourtant, lorsque cette fois-ci le regard de la belle glissa sur ses mains, quelque chose vint courir sur son échine. Il possédait des mains immenses, comparable à celle de Kha. Celles qui l'avaient jeté à la gueule de son aligatueur.
Vanya avait alors secoué sa tête comme pour en chasser les idées les plus sombres, préférant saluer le sauvetage du brun dans un timide remerciement plutôt que de focaliser son esprit sur l'image mentale de Kha penchée sur elle alors elle s'était efforcée à détacher son regard de ces poings, l'index instinctivement porté à ses propres lèvres comme pour prendre conscience de l'étendue des dégâts qui sévissait sur son si beau sourire. La douleur l'avait vrillé, et aussi logique soit ce constat, il fallait croire que Vanya ne commençait seulement à comprendre l'état qui la tenait, alors ce fut tout doucement qu'elle finit par porter sa main directrice sur le bandage qui barrait son ventre, compressant doucement l'objet dans une moue perplexe pour finalement subir l'irrépressible envie de soulever le pansement afin observer la plaie. Il faut avouer qu'entre obscurité, sang et panique elle n'avait véritablement eut l'occasion de l'observer, trop occupée à retenir ses glapissement douloureux lorsqu'elle s'était efforcée à endiguer les envies de voyages de son sang. Puis, pressentant le poids de ce regard courir sur sa peau, Vanya avait délaissé sa curiosité pour observer Erle dans un sourire qui se voulait rassurant mais qui trahissait sans grand remord l'égarement de son esprit. Un sourire peut être inquiet au final mais qui avait retrouvé un semblant d'énergie lorsque, confronté à ce regard toujours aussi sévère, il avait épousé les pensées de Vanya. Erle ne patienterais pas trois ans, elle se devait de répondre à ses questions.

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Burn Them All | Libre

MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Dim 3 Juin - 19:13
Si la première réponse de Vanya aurait put lui arracher un sourire, le visage du ranger resta fermé. Peut être était-ce du aux journées trop longues, à la situation même ou simplement à son caractère naturel, mais il restait de marbre, que ce soit à la boutade de sa jeune consoeur, ou au sourire qu'elle lui adressa. Son regard sembla en revanche s'adoucir un minimum lorsqu'il put constater de plus près que comme les médecins le lui avaient annoncé, elle ne semblait plus courir aucun danger. Elle était solide, et il le savait bien, mais c'était toujours bon de le constater en personne.
Ceci dit, il répondit tout de même à l'invitation de la jeune femme et finit par faire quelques pas dans la pièce pour tirer à lui la chaise qui se trouvait à côté du lit d'hôpital. Il s'y installa et laissa choir ses bras sur ses cuisses nonchalamment pour se retrouver dans une position plus confortable. Il se permit même un instant de pencher la tête d'un côté puis de l'autre pour étirer les musclés noués de son cou alors qu'il écoutait les paroles de la jeune femme. A l'instar de la première, la nouvelle pique le laissa de marbre. Il aurait put se surprendre à penser qu'il doutait sincèrement de l'état avéré de cette déclaration, mais il n'en fit rien. Cela faisait bien longtemps que les cicatrices qui avaient un jour put marquer son corps ne lui importaient plus. Oh, il fut bien un temps où avec son acolyte de toujours ils s'étaient amusés à les compter et à les comparer, se plaisant même à se demander si leurs prédécesseurs en avaient eut autant. C'était idiot, ils avaient certainement dut en souffrir plus qu'eux, mais les nuits étaient moins longues quand ils s'amusaient à en parler... Avant..
Alors d'un battement de paupière, Erle renvoyé ce pâle souvenir aux oubliettes. Il n'était pas homme à ressasser le passé, encore moins lorsqu'il s'agissait – comme c'était le cas désormais – d'une époque révolue.
Alors son regard ambré s'accrocha aux mouvements de Vanya, étudiant son état qui était étonnamment bien portant étant donné les circonstances. Il le savait, sa jeune collègue était une battante, ses simples origines en témoignaient, ceci dit, elle ne terminait pas de le surprendre, il devait au moins lui reconnaître cette qualité. Une piailleuse arrogante accrochée à ses paillettes, mais résistante et farouche à en forcer le respect.
Alors, lorsqu'elle rejeta le blâme sur elle même, elle eut enfin une réaction de l'ancien capitaine. Sourcil arqué, il releva ses yeux vers elle à la recherche d'une explication derrière ces iris lagons. Jamais il ne l'avait vu se remettre en question. Pas même lorsqu'elle avait envoyé son compagnon aux crocs enflammés sur le champion Bricot, encore moins lorsqu'elle leur avait fait vivre un enfer au Conseil. Mais peut être ne la côtoyait-il pas assez pour les doutes qui pouvaient l'assaillir par moment ? Peu lui importait.
Quant à la question qu'elle lui adressa – rhétorique lui sembla t-il – il se serait contenté de lui tendre un miroir s'il en avait eut un à porté de main. Il n'en avait pas.
« Tu étais couverte de sang quand je t'ai retrouvé. »
Se contenta t-il de l'informer, comme si cette simple constatation suffisait à tout expliquer, comme si cette phrase avait à elle seule toutes les réponses. Ce n'était pas le cas.
Alors, l'espace d'un instant, le regard de Vanya vint défier le sien, et il ne le lâcha que lorsqu'elle même dériva sa vue sur sa propre personne, sa peau abîmée, tâchée d'hématomes gros comme des poings, et sur les bandages qui barraient et occultaient la plus grande des blessures. Une morsure lui avait-on dit, comme pour Chopper lorsqu'ils l'avaient retrouvé mort. Mais Vanya n'était pas avec eux aux Monts Azimuts, et elle était toujours en vie. Ainsi, si son regard s'était fixé sur Vanya, ses pensées avaient dérivées plus loin, sur les hypothèses qu'il avait put établir, celles là même qu'il avait finit par rejeter. Son instinct lui soufflait une réponse qu'il prenait pour acquise, mais il était ranger désormais, il devait se fier aux preuves, aux témoignages, aux... Bref, peu importait.
Son esprit se focalisa à nouveau sur le temps présent et sur le regard de la jeune femme qui avait à nouveau accroché le sien. Elle avait disposé entre temps les chocolats qu'elle lui avait proposé un peu plus tôt sur le lit. Il les lorgna, l'air suspicieux et finit par les dédaigner totalement lorsqu'elle l'informa qu'elle était prête à répondre à ses questions. Alors il l'inspecta une nouvelle fois, sembla hésiter si c'était vraiment le bon moment pour un interrogatoire, s'il ne devait juste pas reporter mais...

-Que s'est il passé ?

Finit-il alors par lâcher abruptement. Une seule question, de laquelle dépendrait une nouvelle série de questions selon la réponse de Vanya.
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Dim 3 Juin - 21:21
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Un soubresaut avait agité ses épaules l'espace d'un instant, tremblement à peine perceptible qui avait finit par éclore en un rire douloureux. Pourquoi fallait-il que tout son corps se torde de douleur dès qu'elle arborait un sourire ou tentait de rire ? Quoi qu'il en soit elle n'avait su le réprimer, sans doute trop épuisée pour feindre une noble retenue alors, lorsque qu'elle fut sauvagement rappelée à l'ordre par cette douleur aigüe qui lacerait son ventre, un sourire en coin chassa la douleur loin de son visage, trop fière pour véritablement jouer de faiblesse face à pareil ranger.

« Perspicace à ce que je vois Crawford. J'étais effectivement ensanglantée, rien de bien étonnant à Port Pauplie lorsque l'on porte le patronyme Nawra. »

Son si fier sourire c'était doucement laissé mourir au coin de ses lèvres, se dérobant cette fois au profit d'un regard un peu plus sombre, plus triste, si bien que les propos claqué là demeurèrent l'espace d'un instant suspendue, cristallisé par ce battement de cils désormais humide qui peinait à soutenir ce rapace posté face à elle. L'image de Salazar refermant sa puissante mâchoire autour de son ventre pour la traîner en direction de la mer s'était faite aussi viscérale que cette douleur qui la tiraillait, sans doute motivée par la tension désormais palpable de chacun de ses muscles. Alors, entrouvrant de nouveaux ses lèvres pour tenter de reprendre le contrôle sur une gorge nouée, Vanya avait fait face au spectre de cette gueule qui s'était abattu sur son visage pour la contraindre au silence avec une force tel qu'un tremblement avait doucement couru sur son épiderme. Les propos de Kha lui était revenu aussi distinctement que les insultes qui avait couvert ses pas lorsque, acculée, elle avait tenté de le fuir. Tout lui était revenu en une fraction de seconde. Les cris, la haine, la peur qui agitait son cœur et l'inaction de toute cette meute qui était sensé la protéger en qualité de Nawra. Elle se souvenait avoir croisé le regard de son aîné qui, immobile, l'avait laisser disparaître doucement vers l'océan, prisonnière de crocs dont elle n'avait pu se défaire. Il lui avait fallut déployer une force dont elle ne se soupçonnait à peine pour saisir le canif accroché à la ceinture de l'un des spectateurs pour finalement le planter sans la moindre hésitation dans l'oeil du démon aquatique. Puis avait brusquement surgit Rousillon des ombres, assénant dans un brasier immense une contre-attaque motivée par la haine. Le combat s'était lors brusquement engagé entre les deux titans, laissant fondre la rousse sur un tout autre démon. Elle en était maintenant certaine, ce songe gouverné par la folie été réel. Elle s'était véritablement jeté à la gorge de Kha.
Qu'elle idiote !

« -Que s'est il passé ? » La rousse avait sursauté, déployant dans un air aussi surprit que perdu des cils papillonnant. Elle ne pouvait décidément pas jeter le blâme sur le clan. Si Kha se voyait jeté derrière les barreaux, cela précipiterait Port Pauplie et par extension Lernaïaque dans un chaos sans précédent. La piraterie avait faim, et aussi déconcertant soit ce constat c'était Kha qui encadrait au mieux les pulsions destructrices de son clan.  Si elle le faisait tomber, un carnage souillerait les larges de Rigel. D'un autre coté, l'attaque subit par la rousse n'avait rien d'anodin et ses raisons touchait directement le maître ranger. Les deux grands cristaux bleus qu'incarnait son regard vinrent donc épouser l'iris de leurs homologue comme pour tester au mieux tout les chemins qui s'offrait à elle, évaluant avec attentions la confiance qu'elle pouvait apposer entre les mains de Crawford pour finalement glisser dans un souffle un prémisse de réponse.

« Tu apprendras que j'ai pour lubie la collection de dent d'aligatueur et que celui trouvé était gigantesque. Et en vie. Alors bon, tu te doute que nos ambitions divergentes nous ont mit au pied du mur. Je voulais vraiment ses dents, il voulait vraiment me bouffer, il a fallut trouver un compromis ! Il m'a traîné jusqu'à la mer pour me noyer et je lui ait crevé un œil. C'était au final un chouette compromis. »

Un nouveau sourire vint saluer le maître ranger, cette fois plus timide, étranglé par l'hésitation et ce regard qui luttait contre un florilège d'émotion contraire. Alors, ce fut tout doucement que la jeune femme décala les chocolats pour prendre leur place et apposer ses doigts blancs sur le genoux de ce géant qui lui faisait face. Elle chercha un instant ses mots, fouilla encore et encore l'étendue d'or qui tapissait l'âme de cet homme pour finalement reprendre d'une voix plus assurée mais pressé par une urgence qui se voulait calme.

« J'ai appris que le chef ranger de Buccanie n'était toujours pas remis sur pied... Les nouvelles vont vite tu sais, plus encore que ce que tu peux croire. J'ai également conscience, comme beaucoup, que l'effectif des rangers est au plus mal et que vous êtes débordé. On le sait tous.  Cependant tu devrais peut être surveiller de temps à autre le large de ton île … Redoubler de vigilance quant aux missions acceptées par tes Hommes... Les Aligatueurs affamés grouillent à l'abri des regards et j'aime décidément trop cet archipel pour risquer voir ses gardiens sombrer entre quelques crocs. Surveille tes arrières et tend l'oreille, les ruelles sont bavarde.  Plus encore que tes rangers lors de leurs soirées karaokés, le samedi soir. »
Comment était-elle au courant de ce détail là ? Ses bonnes grâces auprès du QG ranger de Lernaïque ne lui permettait pourtant pas d'effleurer au plus près l'intimité de ses acteurs, ni même d'être branchée sur leurs stations de radio... Si ? Sa main s'était alors appuyée un peu plus contre le genoux du ranger, cherchant ouvertement une brèche dans ce regard qu'elle devina soudainement plus orgueilleux pour le convaincre du bien fondé de ses propos, de la nécessité viscérale de son plaidoyer. En vain. Forcément, Erle était le plus beau, le plus fort, et ce que Vanya interpréta comme l'arrogance d'un homme plus expérimenté que ses sens à elle la rendit brusquement malade. Alors, si elle s'était vu mordre cet idiot avec toute la force que son corps le lui permettait, la jolie rousse n'en fit rien, lâchant dans un soupir la jambe du ranger pour revenir sagement se positionner au plus loin de ce corps. Les grandes iris abyssales de Vanya s'étaient alors décrochées de ce regard intransigeant, soumit à une nouvelle hésitation qui, au final, la repoussa dans son lit pour marquer une distance significative entre leurs deux corps. Ainsi trouva-t'elle refuge entre ses couettes, feignant l'intérêt pour les draps qui la bordait et les bleus qui parcourait son épiderme. Elle songeait à jouer les cowboys solitaire, très sincèrement, quitter cette prison fleurit lorsque Crawford lui tournerait le dos pour trouver meilleurs alliés. Du moins quelqu'un qui l'écouterait. Ambros ? Peut être... Jonas était hors service et s'il possédait une réputation aussi teigneuse que celle de la coordinatrice, cette dernière refusait d'avoir sa potentielle mort sur la conscience. Peut être pouvait-elle quérir l'aide de Alex au final. Sa chasse au Judas sauvage après le bal lui avait prouvé qu'il ne fuirait pas facilement face à quelques entorses aux lois alors, si elle mettait en jeux ses contacts et quelques adresse à Meora concernant les bons et loyaux services du champion, elle pourrait peut être lui tendre une place au conseil. Qui sait. Il fallait ruser.
Ses grands yeux bleus, rendu mécanique par ces réflexions s'était alors ancré sur le chef ranger pour longuement le défier.  

« Je ne porterais pas plainte. Inutile de mobiliser tes hommes pour ça, je réglerai cette affaire en interne lorsque je pourrai poser pied à terre. Peux-tu simplement me faire une copie du compte rendue de la réunion de tout à l'heure si elle est maintenue, s'il te plaît ?»
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Lun 4 Juin - 21:00
Les rires de sa consoeur, aussi douloureux soient-ils, le laissèrent de marbre. Il aurait put hausser les épaules face au commentaire, mais il n'en vit pas l'intérêt. Il savait que Vanya aimait parler, avoir le dernier mot, et il ne voyait nullement l'intérêt de lui tenir tête sur un sujet aussi trivial. Ainsi, avant qu'il ne lui pose sa question, ses yeux s'attachèrent un instant aux gestes de la rouquine, puis à son regard et il sembla deviner l'espace d'un instant que peut être... Peut être quelque chose lui revenait. Il effaça bien vite cette hypothèse. Il n'avait rien d'un médium et il laissait la lecture de pensées aux autres.
Ainsi, lorsque sa question tomba, froide, sévère, il ne fut pas surpris de voir les épaules de Vanya tressaillir et l'espace d'un instant, il lui sembla qu'elle cherchait ses mots avec soin. Etait-ce parce qu'elle avait du mal à réellement se remémorer les événements, parce qu'elle avait ce sens du spectacle qui la forçait à toujours présenter les choses de manière parfaite et minutieuse, ou parce qu'elle ne voulait pas trop en dire. Alors, son regard se heurta aux puits abyssaux qui couronnaient celui de Vanya, et il tenta de le sonder. En vain. Il n'avait vraiment rien d'un médium, encore moins la prétention d'en être un. Il écouta donc avec une attention toute agacée les propos de Vanya. Les muscles de son visage se contractèrent lentement mais sûrement et finalement, ses sourcils vinrent se froncer, accentuant l'austérité d'un regard déjà aussi froid que sévère.
Se moquait-elle de lui ? Il n'avait pas le temps pour des bêtises et si elle n'avait pas l'envie ou la capacité de lui raconter son histoire, autant l'en informer directement plutôt que de tourner autour du pot.. Au moins pouvait-il mettre un visage sur l'agresseur ? Un Aligatueur disait-elle. Etant donné la taille de la blessure, c'était plausible, et peu à peu, l'image d'un Crocorible se fit effacer par celle de son cousin aquatique. Pourtant, il garda ses réserves. Elle pouvait tout aussi bien maquiller la vérité... Qui, par les sept mers, avec un gabarit pareil, tenterait la chasse à l'Aligatueur ?
Pourtant, si l'envie ne lui manquait pas d'offrir une réponse cinglante à la jeune femme, l'informer qu'il n'avait pas le temps d'écouter ses délires et l'inviter à le prévenir lorsqu'elle déciderait de prendre tout ça au sérieux avant de quitter la salle, seule une longue inspiration vint témoigner de cet agacement. Il déglutit et darda un regard inquisiteur sur la rouquine. Elle avait encore des choses à dire, et s'il était sur les nerfs – mais n'était-il pas toujours sur les nerfs ? – avec cette désagréable envie de claquer une porte, le ton qu'elle employait réveilla en lui un signal d'alarme. Il n'aurait put mettre le doigt dessus et pourtant, les propos qui suivirent – apparemment soigneusement choisis étant donné le temps qu'elle avait pris pour les lui souffler – l'informèrent que, peut être, il y avait plus là dessous qu'une simple plaisanterie.
Ainsi, lorsque sa frêle main rentra en contact avec son genoux, par réflexe il se pencha vers elle, comme s'il sentait une confidence arriver. Alors elle lui appris des choses qu'il savait déjà. Jonas était toujours en convalescence, certes, mais ce n'était un secret pour personne, de même que leur manque cruel d'effectifs qu'ils tentaient vainement de couvrir par un zèle redoublé. Quant aux soirées évoquées... Il n'avait jamais douté qu'il s'agissait là d'événements dont ses hommes ne se cachaient pas. En revanche, la suite du discours sonna autant comme un avertissement que comme une menace aux oreilles de l'homme qu'il était : un ancien pirate pris au piège, avec de l'expérience derrière lui, mais pas assez pour se sortir des filets dans lesquels il avait été pris. Les sens toujours en alerte, il se crispa et son regard se durcit – était-ce seulement possible ? – un peu plus. Le prenait-elle pour un amateur ? Un innocent candide qui pouvait croire au pouvoir de la Justice et à la peur que celle-ci pouvait distiller chez les malfrats ? Arceus ! Il avait fait partit de ces criminels que Justice avait poursuivi sans relâche, et seule une garce, une fille de chienne – autrement dit, rien à voir avec ce concept magnifié de Loi et d'Ordre – avait finit par le piéger. Pas les rangers, pas la police, non, une vermine.
Alors, il ne se doutait pas de la présence de ces ''Aligatueurs'' dans les parages, non, il savait qu'ils étaient là, à l'affût, et c'était bien pour cette raison précise que lui était là. Meora savait que les rangers, aussi bons soient-ils, n'étaient pas prêts pour cette menace là. La preuve, il ne doutait pas un instant que Jonas était tombé parce qu'il prenait pour acquis que tous avaient le même sens de l'affrontement loyal que lui. Alors peut être s'était-il redressé, et peut être que sa position s'était faite plus imposante pour trahir sa façon de penser, mais Vanya s'était reculée également, brisant le contact qui s'était installé, que ce soit entre leurs corps qu'entre leurs regards. Soit. Il se recula également, reprenant appui sur le dossier de sa chaise tandis que Vanya reprenait une position plus convenable dans son lit.
Alors, d'un regard qu'il qualifia de plus distant – mais était-ce important ? –, elle l'informa qu'elle ne porterait pas plainte, coupant court à toutes manœuvres qu'il aurait put mettre en place pour elle. C'était stupide. Régler cette affaire en interne, si c'était bien ce qu'il théorisait, était certainement synonyme de mort. Pourtant, les coins de ses lèvres ne purent s'empêcher de se relever en un fin sourire qui apparaissait... Satisfait ? Lui même ne s'en rendit compte que lorsqu'il les ouvrit pour lui adresser la parole.

-C'est idiot. J'ai entendu dire que les Aligatueurs ne font pas montre d'une grande clémence. Et tu t'isoles en fermant la porte à ceux qui osent encore leur tenir tête.

Pourtant, le ton sévère qu'il aurait dut employer pour rabrouer sa jeune collègue n'était pas au rendez vous. Il avait toujours cette voix grave et posée de celui qui régule les accords de ses paroles pour ne pas hurler sa rage à tout instant, mais il y avait quelque chose de plus. Une teinte... Amusée ? Fière ? Quelque chose comme ça. C'était subtile, mais suffisamment rare pour permettre de noter le changement.
Malgré ce qu'il pouvait dire, il ne pouvait nier ce cran qu'elle avait, un cran qui lui forçait un respect qu'il n'accordait qu'à peu de monde. Et il ne s'en formalisait pas. Restait à savoir si elle resterait suffisamment longtemps en vie pour le mériter.
Alors, à nouveau il se rapprocha et se pencha vers elle pour poser un regard perçant sur elle, jugeant et jaugeant ce qu'il pouvait.

-Ne nous voilons pas la face Vanya, ni toi, ni moi n'avons été placés là par hasard. Ta mort, ou ta chute, ébranlerait un conseil qui, s'il n'inspire pas forcément grand respect, permet au moins de maintenir un équilibre précaire sur l'archipel. Alors ne fais pas l'enfant et accepte l'aide qui t'es offerte.

Qu'il siffla entre ses dents sur le ton de la confidence avant de se redresser.

-Permets moi alors d'insister. Es-tu certaine de ne pas vouloir l'appui des rangers contre cette infestation ?
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Mar 5 Juin - 2:26
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Erle 



L'oeil apposé mécaniquement sur les mains du ranger pour en contempler sans grande ferveur les muscles, Vanya entendait mais n'écoutait à peine, ramenée par le spectre de Salazar au plus profond de ses songes. Alors, ballotté par de sombres pensées et traînée le long de ses frayeurs, son cœur avait manqué un battement lorsqu'Erle aborda cet isolement volontaire qui la tenait toute entière. Posé entre les mains d'un civil de Lernaïaque, cette affirmation aurait pu prendre l'allure d'une grotesque farce, après tout, s'il y avait bien un Maître qui se voyait chaque jour auréolé de mille adresses et propos, c'était bien elle. Les cadavres floraux qui hantait sa chambre couplé aux paniers garnit en était la preuve la plus spontanée. Connue pour être un maître facile d'accès, toujours là pour un sourire ou échanger quelques mots, toujours rayonnante et  chaleureusement entourée, Vanya n'avait rien du cavalier solitaire aux regards assassin et Erlien. Cependant il fallait croire que le ranger n'avait été dupé par les rires cristallins de la rousse et cette image radieuse qui la drapait en temps normal alors, doucement tirée à lui, son regard s'était immobilisé sur les traits du brun pour y chercher une quelconque malice. Un je-ne-sais-quoi qui au final, s'apparenta presque à de l'amusement. Ainsi, et comme un écho à cette image que Vanya ne lui connaissait pas, sa moue laissa un instant surgir la surprise pour finalement aller à l'incompréhension et se perdre en quelques battements de cils. Elle n'avait pas rêvé ! C'était les vestiges d'un sourire ça ! … Alors, si la voix demeura aussi sombre qu'à l'habitude, le regard de son interlocutrice avait lui, prit une toute autre teinte pour épouser ce je-ne-sais-quoi qui avait su éveiller en elle une énergie retrouvée. La rousse s'était alors armée de sa plus belle verbe, de ses airs sauvage et impétueux pour répliquer à ce pirate qu'elle ne craignait en aucun cas un face à face avec la mort, qu'elle l'avait affronté à de multiple reprise ou bien qu'elle avait au final ses raisons de jouer les loups solitaires. Elle se serait presque permise de souligner le « ceux qui osent encore leur tenir tête » pour le mettre à mal mais son élan farouche avait été balayé par cet inclinaisons sur son visage et un regard qui lui avait semblait perforer son âme. Alors était-elle restée là, suspendue par ces iris fières et altières, celles qu'elle avait autrefois tant admiré les traits pour aujourd'hui, complu dans cet étrange lueur qui lui faisait face, se perdre en une fascination dévorante. Alors pourquoi avait-il fallut qu'il envoie tout à terre et le piétine avec force ?

La belle s'était redressée de toute sa hauteur lorsque, confronté aux propos qui venait louer sa présence au sein du conseil, son âme s'était vu choir parmi les méandres d'une morales écorchée. Il ne savait rien. Il ne savais décidément rien de ce qui maculait les pas de la rousse. Ses mains portaient la Mort, son sourire le déclin de Rigel, Meora avait donc eut tord de la hisser en plein cœur du conseil. Aussi douloureux soit ce constat. Alors, doucement, quelque chose s'était brisé contre les pupilles obscures de la jeune Nawra, la murant dans un silence aussi farouche qu'effroyable lorsque, pour une dernière fois, Erle vint tendre à son âme un semblant de protection. Idiot. Idiot ! Le regard rendu fauve par un esprit impitoyable, Vanya avait face au propos avec un scepticisme des plus palpable, semblant courber l'échine face à ce destin qu'elle ne parvenait ni à porter, ni à sublimer pour finalement lui faire face avec colère. Meora avait eut tord et c'était à cause de sa présence au sein de Bourg-Cadran que Rigel sombrerait. Combien de fois avait-elle dû fouiller les dossiers de Crawford pour le clan, combien de basses besoignes avait-elle dû essuyer sous le nez de sa souveraine et ce, jusqu'à finalement se voir confrontée à cette fois de trop, à ce point de rupture entre loyauté et morale qui l'avait traînée aux portes de la mort ?

-Qu'elle chance pour Rigel d'avoir un pions Nawra à son sommet. Quelle chance de pouvoir se voir tromper par quelques doux sourires et promesse que tout ira bien là où pourtant, les voiles noires se dresse au large, affamées et vindicatives. J'ai perdue toute autorité sur les Nawra depuis que j'ai acceptée ce rôle de maîtresse coordinatrice, préférant la capitale aux voiles du navire qui m'attendait. Capitaine, j'aurai pu représenter un semblant d'utilité aux mains de Meora mais vulgaire coordinatrice je ne représente rien. Rien. Même au sein du conseil. Hier je n'étais encore  qu'une bâtarde que l'on peinait à considérer comme Nawra, aujourd'hui je suis une traîtresse qui a faillit à son rôle. Qui t'assure à toi ou Meora que je ne me draperait pas de ce rôle chez vous aussi, sous peu ? Ce qui tiens à la rigueur de la chance pour cet archipel c'est le fait que j'ai été trop faible pour accepter de conduire ses ranger à l’abattoir et suivre les hurlements d'une Buccanie vengeresse. Même si j'acceptais ton aide Erle, où cela nous conduirait-il ? Évincer Kha ? Bravo. Le clan retrouverait une Halsey plus violente encore à sa tête, figure iconique de la piraterie qui rallierait encore plus aisément des adeptes à sa cause. Détruire ma famille ? Bien ! Nous ne nous cantonnons pas seulement à Rigel et nous sommes décidément trop nombreux pour que tout tes chefs ranger et leurs hommes réunis ne permette d’éradiquer toute menace ! Jouer de tempérance et accords ? Une blague ! Je joue les médiatrices depuis mon arrivée au conseil ! Cesses de te penser protégé par Kyogre et Lugia Erle, si je suis parvenue à éborgner la Bête de mon père et poignarder un homme à la carrure plus massive que la tienne, un homme qui laisse sa chambre ouverte en pleine nuit avec une Nawra aussi sale que moi à côté perdra forcément des plumes face à la meute qui m'a vu grandir. On est élevé dans le sang et beaucoup attendent ta tête sur le sel de Port Pauplie. Même si tu débarquais dans une heure là -bas, ça ne changerait rien. Rigel verrait simplement son maître ranger, celui qui incarne la force même de nos autorités au cœur d'une ère aussi sombre que trouble, mis à mal par les rats d'écumes qui grouillent sur nos côtes.  Alors cesse de penser que je suis une enfant  Erle. Le vice et la crasse couvrent mes mains depuis mes huit première années de vie alors crois moi sur parole, le conseil ne pourra que se porter au mieux avec un autre coordinateur à sa tête. Les talents ne manquent pas, les politiciens non plus. Et si vous cherchez quelqu'un pourri jusqu'à la moelle, sache que ça court également les rues !

Brûlante, féroce, cette voix aux habitudes si douces s'étaient brutalement élevée entre les murs blancs de l’hôpital pour courber l’échine avec force et prendre une allure qu'on ne lui connaissait pas. Alors son rigelois avait finit par céder aux malédictions d'un Nordien vindicatif, dur, sauvage, semblable aux invocations les plus obscures des natifs de Rigel pour accorder à ce ton féroce des allures de claque saisissante. Puis, elle s'était suspendue dans les airs, soumise à un premier tremblement qui lui arracha presque aussitôt un jurons. Ce cri avait faiblit, lutant contre une émotion dont elle refusait même l'existence. Une inspiration sauvage aurait dû suffire  à jeter tout ceci au feu et pourtant, la grande Vanya avait dégluti, cherchant ses mots, une prise à son regard pour ne pas céder à l'humidité qui le piquait et, aussi vif avait été son cri, aussi impérieux avait été ses propos, ce fut un sanglot qui coupa court à ce qui s'annonçait comme l'écorchement de son cœur. Alors, soumise à cette atroce douleur qui frappait encore et encore contre sa poitrine, elle n'avait su endiguer cette peur viscérale qui l'avait secoué, cédant aux larmes dans un glapissement sonore, masquant un instant son visage, une canine impitoyable contre sa lèvres éclatée, avant de finalement fondre maladroitement contre ce corps gigantesque qui lui faisait face pour chercher, sans grand succès le dialogue. Sa voix brisée s'était essayée à la discussions, lutait désespérément contre les soubresauts, balayant dans un grondement frustré chaque échec pour finalement éclore en un murmure emplit de détresse, à peine perceptible.

« Je ne refuse pas ton aide Erle, crois le, mais je préfère mille fois vous savoir veiller sur Buccanie et Lernaïaque plutôt que sur mes épaules... C'est bien plus important... Si Buccanie cède... Si... Erle, tu n'as aucune idée de la violence qui bat dans leurs veines... Ca sera un carnage et ils mettrons à feu et à sang les côtes pour faire faillir Meora.  Si Buccanie tombe, c'est la fin. »

Ses doigts s'étaient alors accrochés à cet uniforme poussiéreux, au symbole qu'il représentait mais également à la légende qui se tapissait derrière. Elle s'y était accroché avec toute la force qu'il lui restait, un frissons au bout de la peau et le regard désespérément perdu. C'était pitoyable et elle en était parfaitement consciente, mais jamais elle n'avait été poussé dans pareils retranchements, jamais elle n'avait eut autant besoin d'un contact humain alors, et même s'il avait s'agit là de Magnus, il devenait nécessaire de chercher le contact pour se bercer d'un parfum qu'elle n'avait jamais prit le temps de détailler. C'était apaisant en un sens, elle devait l'avouer. Alors est-ce grâce à ce parfum ou à cette sensation d'être désormais intouchable entre les mains de cet Homme que Vanya parvient doucement à réduire ses larmes à de simple soubresaut maladroitement étouffés ? Qui sait, mais le constat était là. Elle lutait encore et encore contre ce coeur perdu, désespérément accroché à son homologue ranger pour retrouver le contrôle de son corps mutilé. Alors, si ses doigts ne desserrèrent aucunement leurs prises autour de ce massif corps, son regard lui, vint doucement s'insinuer dans celui du Maître avec un peu plus de conviction pour en embrasser toute l'intensité.

«Un jour Port Pauplie se consumera sous mes flammes tu sais... De toute façon je crois que c'est mort pour hériter du Mélusine alors bon, si je ne deviens pas reine des mers autant brûler ce royaume. Elle marqua une courte pause avant de tenter une blague afin d'écarter les derniers tremblements qui jouaient sur sa voix et, par extension, l'état pitoyable qui la tenait. «Ou alors tu reprends tes navires, j'envoûte les Nawras les plus dissidents, on dresse notre majeur en direction du conseil et balayons Kha et Halsey. Tu me laisse Lernaïaque, je t'offre Buccanie, on laisse Crescente aux autres parce que bon, c'est pas la région la plus géniale qui soit et, pour éviter tout coup dans le dos entre nous, tu me donnes un fils qui alliera ma capacité de survie hors norme à ta badassitude légendaire. Comme ça, si tu cherches à me faire tomber il viendra te botter le cul. MIEUX ! Je t'offre Crescente et Buccanie et tu me pares d'or et rubis. Et une couronne. Je veux une couronne Erle ! ... Ou ton chapeau. Avait-elle glissé en se redressant un peu, un petit sourire en coin et l'oeil pétillant, bien que toujours humide.
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Mar 5 Juin - 17:14
Et si la voix de Vanya brûlait et tremblait sous l'émotion qui pouvait la secouer, ce fut un silence magistral qui accueillit sa tirade. Capitaine Erle Crawford était un homme de peu de mots, il avait toujours préféré une rassurante prise d'actions plutôt qu'un long discours qui finalement, n'avait que bien peu de sens. Et c'était exactement ce que lui offrait Vanya.
Peut être l'interpréta t-il mal, mais tous ses muscles se contractèrent alors qu'il fronçait à nouveau les sourcils. Tout ceci avait de larges airs de 'attends simplement et prie pour qu'ils ne te remarquent pas trop vite. Prie pour qu'ils ne te fassent pas souffrir s'ils venaient à te retrouver'. Evidemment qu'il n'était pas suffisamment téméraire ou stupide pour croire que lui, avec sa seule détermination, parviendrait à faire tomber un clan – qu'il fallait bien l'avouer – avait bercé sa jeunesse. Si le berceau de la piraterie de Rigel était Port Flibot, les Nawras avaient longtemps été modèles que terreurs des mers pour ses ancêtres. Il n'était pas idiot, il le savait. Ainsi, cette faculté à lui répéter ce dont il avait déjà connaissance et à lui cracher au visage les seuls plans qu'elle entrevoyait – parce qu'il y avait forcément mieux – eut le don de le faire se raidir. Une nouvelle inspiration profonde vint l'habiter pour quelques instants. Les nerfs à vif, il n'avait pas à se venger sur une jeune femme qui venait de frôler la mort. Il avait suffisamment vu de victime éplorée pour savoir que l'état de choc après une agression de la sorte était réel... Il était ranger, il le savait ça aussi.
Alors elle lui cracha au visage cette impuissance qui le liait, une impuissance qu'il ne pouvait qu'admettre et qui lui fit serrer les poings à s'en faire blanchir les jointures. Son visage, en revanche, avait retrouver la neutralité et l'austérité qui l'habitait depuis plusieurs années déjà. Encore une fois, il n'était pas suffisamment stupide pour se pointer seul à Port Pauplie et réclamer leur tête. Bien qu'il était convaincu qu'en agissant de la sorte il emporterait quelques vermines avec lui, s'il devait agir témérairement, autant bien le faire et récupérer un équipage qui n'attendait que de reprendre les flots à sa suite... Mais les temps avaient changé, les familles avaient germé et s'il savait qu'on emprunterait sa suite de toutes les manières, ce n'était pas pour foncer à la mort, pas sans une bonne raison. Les siens ne se mettraient en mouvement que s'ils étaient menacés. Alors, si les Nawras représentaient tout de même pour eux une puissance rivale, ils étaient encore vaguement comme des alliés potentiels aux yeux de certains, de puissants alliés capable de renverser une reine qui n'avait faisait que les enchaîner...
Et dans ce cas ci, Erle savait qu'il n'y aurait pas sa place.
Alors ce fut dans une expiration résignée et contrôlée qu'il tâcha de desserrer ses poings du mieux qu'il pouvait : parce qu'il n'était pas homme à se laisser impressionner, parce qu'il savait qu'il y avait d'autres solutions, et surtout, parce qu'il savait qu'il les trouverait.
Il parvint donc à reprendre un semblant de contrôle sur des mains dont les muscles le firent souffrir un instant pendant qu'il en étirait les doigts. Oh, il aurait put se concentrer sur autre chose, Vanya par exemple mais... A part avoir la désagréable impression qu'elle était en train de l'insulter dans une langue qu'il ne connaissait pas – malgré le fait qu'il était certain de l'avoir déjà entendu –, il n'en voyait pas l'intérêt. En réalité, il aurait tout aussi bien put se lever après son monologue. Chercher à discuter plus en avant sur ce qui semblait être une peur qui battait aux veines de la rouquine et semblait la suivre depuis son enfance ne l'attirait pas tant que ça. Seulement voilà. Etait-ce un reniflement qu'il venait de discerner ?
Alors Capitaine Erle Crawford, ancien pirate, leader des rangers de l'archipel, se retrouva pris au dépourvu comme rarement auparavant. Non, elle n'était tout de même pas en train de... ? Cela n'avait rien d'étonnant mais... Alors l'espace d'un instant, la vision qu'il avait de la maîtresse coordinatrice, auréolée de paillettes et de faux semblants, et celle de la fille Nawra, couverte d'une piraterie qu'il ne connaissait que trop bien s'effacèrent, et seule l'image d'une jeune femme soudainement perdue, comme arrachée à ses racines et ballottée, brisée par des événements qui la dépassaient. Alors sûrement un instinct protecteur s'éveilla en lui lorsqu'elle se laissa aller contre lui, tout à ses sanglots qu'elle luttait pour étouffer, et ce fut bien maladroitement qu'il l'accueillit.
Ainsi ne répondit-il pas directement à cette supplique qu'elle lui adressa, qu'il devinait plus motivée par la situation actuelle que par une réelle réflexion. Rien n'était définitif. Si Buccanie tombait rien n'était finit. Il lui semblait difficile de l'oublier pourtant, une grande majorité de Lernaïaque vivait loin du spectre pirate de Nawras, Crescente était encore libre et Buccanie... Sa terre natale ne se rendrait pas. Si elle devait tomber, se serait certainement après avoir passé un accord. Etait-il trop optimiste envers le futur ? Non. Il était réaliste. S'il était aussi simple pour les Nawras de prendre Rigel, ils l'auraient fait depuis longtemps. Si Halsey était aussi terrible que Vanya le prétendait, elle ne se cacherait pas derrière le leader actuelle et aurait repris la tête de ses chiens depuis longtemps. Non... La situation n'était pas à leur avantage, mais elle ne l'était à l'avantage de personne. Alors, et parce qu'il craignait plus qu'une blessure ne se rouvre quand à la position qu'avait adopté la jeune femme, il changea lui même la sienne. Ainsi l'attrapa t-il doucement pour la redresser, suivant le mouvement. Il n'avait pas demandé la permission, pourtant, il se retrouva ainsi sur son lit, une jambe repliée sous lui et un corps frêle contre le sien. Pour un peu lui aurait-il murmuré que tout irait bien, mais non seulement la promesse sonnerait creuse, mais également parce qu'aussi convaincu puisse t-il être quant à ses capacités, il n'était pas assez fou pour 'assurer' que tout irait bien.
Alors il se contenta de la garder un instant contre lui, lui frottant maladroitement le dos de quelques gestes concentriques, silencieusement, jusqu'à ce que son regard abyssale s'appose à nouveau sur le sien. Interdit, il la toisa un instant, jaugeant les mots qu'elle lui adressait. Sans doute son expression tranchait avec sa manière d'agir, mais au fil des paroles, celle-ci sembla se décontracter pour arquer un sourcil et afficher un air perplexe. Et au fur et à mesure qu'elle parlait, il sentit que subtilement mais sûrement, les commissures de ses lèvres se redressaient peu à peu en une moue discrète mais amusée.
Il n'y avait rien de drôle dans leur situation actuelle. Vanya était bien amochée, blessée autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Lui avait vu son potentiel drastiquement restreint par des chaînes que Meora pouvait tirer à sa guise pourtant... Pourtant il était amusé. Et s'il ne laissa s'échapper d'un seul soubresaut, prémisse avortée d'un rire qui aurait put être grandiose, l'une de ses mains alla chercher cette couronne tout droit sortit d'un paquet de céréales pour la poser sur la tête de sa jeune consoeur.

-Tu as déjà une couronne.

Cependant, si l'amusement avait adoucit son regard, son esprit ne s'arrêta pas de travailler pour autant. En réalité... L'idée, aussi rocambolesque soit-elle, n'était pas totalement à jeter. Il le savait, quelque chose se cachait derrière. Mais... A en juger par l'état de Vanya, il n'était pas certain qu'en parler maintenant, alors qu'elle n'était pas au meilleure de sa forme était une bonne idée. Il pourrait certainement lui arracher ce qu'il attendait, mais tout ceci n'aurait aucune valeur. On dit des choses quand on se sent acculé ou blessé. Il le savait, il avait accepté sans grande hésitation un pacte avec le diable lorsqu'il s'était retrouvé au pied du mur.
Alors il déglutit et l'espace d'un instant, le charme sembla tomber. Son regard avait repris cette dureté caractéristique qui était la sienne.

-Ne retourne pas à Port Pauplie.

Finit-il par lui souffler plus inquisiteur qu'il n'aurait dut. Mais n'était-ce simplement pas là le ton d'une voix habituée à donner des ordres ?

-Je crois savoir que des rangers ont pris l'habitude de passer par ta demeure durant leur ronde, mais ils ne peuvent pas se rendre à Port Pauplie, et tu le sais.

Elle le savait, il le savait... Ils le savaient tous. Envoyer un ranger là bas, même en civil reviendrait à l'envoyer à la mort. C'était rageant de se dire que cette zone leur était fermée, mais il n'était pas suffisamment buté pour ne pas se rendre à l'évidence. Pour l'instant, Port Pauplie était une zone sinistrée.

-Tu ne portes pas plainte, soit, mais ne sois pas idiote. Préserve-toi.

Un conseil ? Un rabrouement ? Un peu des deux. Les inflexions de sa voix sonnaient probablement durement. Et cela valait autant pour les visites de courtoisie que pour les potentielles vengeances qu'elle pouvait planifier. Elle apparaissait peut être tremblante et frêle en cet instant précis, mais il n'oubliait pas qui elle était, et ce dont elle était capable. Il aurait été idiot autrement...
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Mer 6 Juin - 16:26
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Erle 



Les paupières closes pour apprécier au mieux cette rassurant étreinte qui s'offrait-elle, Vanya s'était docilement laissée emportée dans un mouvement dont elle n'étais pas maître pour trouver une posture plus agréable à ses plaies. La situation était quelque peu déstabilisante il fallait l'avouer et si Vanya eut tout d'abord esquissé une moue surprise, il ne lui fallut véritablement qu'un instant pour se laisser bercer par le parfum du ranger et s'abandonner entièrement à sa prise alors, elle n'apposa aucune résistance et se laissa entraîner dans ses bras pour y cacher un visage rougit par les larmes. Par Arceus qu'elle haïssait cette faiblesse du cœur et pourtant, là, blottit à l'abri des regards, cette trahison porté à son orgueil prenait un air nécessaire. Son cœur tordu et ses viscères brûlées par l'émotion n'aurait pu, de toute manière, jouer d'avantage d'endurance alors, le besoin de céder aux larmes avait tout emporté. Elle avait besoin de pleurer. Tout bonnement.
Alors, si elle avait tressaillit lorsqu'une main mal assurée s'était apposée contre sa peau pour y décrire quelques cercles, tiquant quelque peu face à une initiative  dont elle n'aurait pu soupçonner l'approche, il fallait avouer que ses muscles avait fini par se détendre pour finalement offrir au ranger une blague qui avait semblé trouver son publique. Etait-ce la naissance d'un rire qui l'avait ainsi secoué ? OMG ! C'était forcément les prémisses d'un rire ! Et ce regard ! Elle ne pouvait maintenant pas en douter une seconde : Cet homme ressentait des émotions autre que la lassitude et la colère ! Alors, lorsqu'il conclu cet acte par une réponse teinté d'humour et le couronnement de la rousse, cette dernière ne pu que l'observer, les cils papillonnant et les lèvres entrouvertes. Il venait de blaguer. Personne ne la croirait jamais. Personne !

Sa main diaphane vint alors doucement à la rencontre de cette couronne à paillette rose qui avait trouvé place sur sa chevelure comme pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvé mais, au final, le redressement tranquille de la belle envoya de nouveau l’artefact au sol, favorisant vraisemblablement un baisé apposé sur la mâchoire du brun, complu dans une douceur visuelle telle qu'elle semblait blottit dans un nuage de coton, à son règne éphémère dont elle avait pourtant clamé le besoin. C'était donc avec une douceur des plus stupéfiante qu'elle avait apposé ses lèvres contre la mâchoire du ranger comme pour remercier ses attentions et couronner ses gestes dans une tendresse sincère et véritable. Il l'avait sauvé, à plus d'une reprise, et un banal « merci » n'avait semblé à la hauteur de ses actes alors elle avait délicatement passé ses bras autour de cette nuque pour lui promettre au creux de l'oreille qu'elle serait prudente et demeurerait aux alentours de la capitale. Sagement. Ainsi, et comme soumise à une douleur vive et farouche, Vanya avait doucement retrouvé place sur les jambes du ranger sans pour autant lâcher sa prise autour de sa nuque, invitant ce géant à suivre son mouvement au cœur d'une délicatesse sans précédent. Il fallait avouer qu'elle l'avait toujours confronté à ses plus mauvais jours, tantôt trop farouche, solitaire et sauvage, tantôt vindicative et rancunière au point d'avoir précipiter le conseil au sein d'un enfers véritable lorsque celui-ci lui avait arraché son âme sœur. Il ne fallait pas déconner, personne ne la séparait de son partenaire sans essuyer un chaos volontaire. Cependant, était-ce la fatigue, la peur ou bien cet état de perdition qui avait pendue cette fée ardente au regard de cette légende pirate pour en embrasser chacune des teintes ? Vanya ne parvenait à comprendre comment l'image si glaciale de cet être avait pu trouver une aura rassurante à son esprit. Plus encore, si la curiosité et la fascination n'avaient jamais faillit à leur rôle, il semblait qu'aujourd'hui seulement la belle envisageait Erle en qualité d'Homme et non plus de pâle figure ou symbole fort. Alors elle avait resserré son étreinte sous le poids de cette révélation, cherchant un instant à enfermer le ranger qu'elle devinait épuisé au creux du nid de douceur qu'il avait instauré plus tôt, comme il avait su le faire quelques instants plus tôt. Mais était-ce là un altruisme sincère ou le stigmate viscéral de ce besoin de chaleur humaine ?

«Tu devrais peut être essayer de te reposer Erle » Murmura t'elle alors, relâchant doucement son étreinte autour de cet homme pour finalement apposer son oeils sur les immondes bandages qui barrait son délicat épiderme « Les médecins s’assureront que je ne meurs pas sous trois jours va  et tu verras, d'ici quelques jours à peine, le conseil se verra délogé de ses lits par une Vanya en pleine forme et vous regretterez mon retour avec une force t'elle que si ce n'est pas toi qui me jette à Port Pauplie, ça sera Meora. Allez, va s'il te plaît, si tu m'accordes un prémisse de sourire c'est que tu n'as pas dormi durant trois jours. Par contre prend les chocolats je t'en prie, j'ai des kilos à perdre pour le prochain concours sans quoi je vais me faire bouffer par les juges et perdre mon titre de Maîtresse coordinatrice. Au pire tu les donnes à Ambros et ses hommes, ils on ont bien besoin eux aussi... »

La belle s'était difficilement redressé hors de son lit pour trier doucement les présents qui lui faisait face. Elle empilait donc avec minutie toute particulières boites de chocolat et paniers garnis les moins encombrant devant le ranger, évaluant sans grande gène la quantité qu'il pourrait prendre avec lui avant de finalement faire face à de ces présents qui, s'il sembla la surprendre tout d'abord, lui arracha doucement un sourire attendrit. Lupin... Cet enfant était décidément trop adorable. Elle avait donc reposé soigneusement son panier à côté d'elle pour le contempler avec douceur, un fin sourire aux lèvres. L'un des biscuits ne semblait pas suffisamment cuit là ou d'autre pourtant, vêtaient l'allure de grand brûlé et pourtant, jamais la jeune femme ne s'était sentit autant gonflé de joie. Alors elle s'était saisit de son portable dans un grondement significatif et douloureux mais qui, au final, n'entacha en rien cette moue rendue radieuse par cette énergie nouvelle. Il fallait qu'elle lui envoie un message accompagné d'une photo pour lui indiquer qu'elle avait bien reçut son petit cadeau. Nouveau regard en direction d'Erle, un petit sourire en coin. Vanya avait retrouvé cette moue malicieuse qui feignait tant bien que mal des airs impérieux retrouvés. Du moins... Etait-ce là un nouveau masque ou les affres d'un coeur sincères ? Nul n'aurait pu saisir les intentions tapis derrière ces traits parfaitement figés autour des attentes qui auréolait son joli minois si son regard, terne et fixement porté sur les mains du ranger, n'avait hurlé sa détresse.

« Si je dois me priver des meilleurs bar de tout Rigel en délaissant Port Pauplie, je te condamne à me suivre dans cette déchéance et à m'accompagner un week-end à la recherche de bons alcools. Après ton service évidemment. Comme ça je pourrais te prouver que je tiens sans doute mieux l'alcool que toi, déjà, Nawra oblige, et que si tu es trop bourrés, je peux te prendre sur mon dos ! Je te ramènerai de manière virile jusqu'au conseil, ne t'inquiète pas! » Avait-elle soufflé pour faire taire les inquiétudes, balayant d'un geste aussi vif qu'impérieux le nouveau tremblement qui avait secoué sa voix. Un rire hésitant s'était alors élevé comme pour briser ce silence trop lourds qui la corsetait jusqu'à l'étouffement. Puis, tout doucement, ce bien étrange rire vint éclore en un à peine audible « Je ne poserais pas pied à Port Pauplie dans cet état... Cependant, peux-tu taire nos discussion auprès du conseil ? Je suis parvenue à les faire tenir à l'écart mais s'ils apprennent que tu as pu rentré... Je refuse qu'ils me voient ainsi... Je suis tellement lamentable...»
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MessageSujet: Re: Burn Them All | Libre Dim 17 Juin - 19:39
Et si quelque part, Erle se serait attendu à un regain d'orgueil, à un regard brûlant lui signifiant qu'elle n'était plus une enfant et qu'il n'avait pas à lui dire ce qu'elle avait à faire, il fut à nouveau surpris par une réaction qu'il n'avait pas calculée. Ce fut donc avec un stoïcisme olympien que Capitaine Erle Crawford, maître ranger, légende des mers et ancien pirate de renom accueillit le baiser d'une femme qu'il n'avait jamais considéré autrement que comme un nid à problème ou une diva capricieuse. Que les choses changent, en vint-il à penser alors qu'il sentit les frêles mains de la rouquine se nouer dans son cou. Dire que quelques jours auparavant, il la croyait capable de se jeter à son visage pour le lacérer... Et ainsi sa surprise se vit couronner d'un murmure qu'il n'interpréta pas directement alors qu'il cherchait à se morigéner sur la signification de cette situation. Elle était blessée et cherchait du réconfort, et il aurait été bien malheureux de voir ça autrement. D'autant qu'il était en service.
Alors seulement lorsqu'elle se rassit sagement, il compris le sens des paroles. Une promesse de se tenir tranquille. Y croyait-il ? Absolument pas. Vanya avait peut être pris une nouvelle dimension à ses yeux, mais il n'était pas dupe. Elle était bel et bien un nid à ennuis et il la savait parfaitement capable de retourner à Port Pauplie après un coup de sang bien senti.... Au moins l'aurait-il prévenu. C'était peut être une manière de se dédouaner. Après tout, il ne pouvait être partout à la fois, et même lorsqu'il était présent, il n'était pas forcément capable d'arrêter les catastrophes. Alors, un soupir lui échappa, autant en réponse à la jeune femme qu'en échos à des souvenirs un peu trop récents et présents à son goût. Machinalement, il se remit à lui caresser le dos en quelques gestes concentriques mais s'arrêta lorsqu'il n'entendit aucun prémisses de sanglots. La jeune femme semblait s'être calmée.
Alors, elle s'éloigna de lui et il la laissa faire sans opposer la moindre résistance. Etait-il mal à l'aise ? L'expression était peut être un peu forte, mais tous ceux le connaissant aurait put affirmer sans aucun doute que le Capitaine Erle Crawford ne savait pas réagir face à ce genre d'émotions, ce qui était d'ailleurs bien cocasse à regarder. Il accueillit donc la remarque de Vanya d'un air perplexe. Se reposer ? Évidemment, sûrement, éventuellement, quand il aurait le temps. D'autant qu'il ne se sentait pas forcément en grande fatigue, juste profondément las. Mais ça, il ne s'en sentit pas le besoin de le partager. Alors il se contenta de la suivre du regard, prêt à la rattraper à la moindre chute. En réalité, il avait vu ses mains esquisser un geste vers sa jeune consoeur pour la contraindre à l'immobilité mais il se connaissait, lui et sa douceur légendaire. Il aurait eut plus de chance de lui faire mal que de lui éviter une chute.
Alors, il se contenta d'initier une sorte de protestation, peu enclin à repartir de la chambre d'une convalescente armé des présents chargés de la faire se sentir mieux mais... Le moral des troupes étaient au plus bas. S'il prétextait qu'il s'agissait là d'un cadeau offert pas la maîtresse coordinatrice, peut être parviendrait-il à les réconforter, ne serait-ce qu'un peu. Aussi se résigna t-il à tendre les bras pour accueillir les différentes boites et paniers garnis qui trônaient ça et là.
Silencieux, il se laissa ainsi charger sans aucune plainte, lançant de temps à autres des regards sur cette jeune femme qui s'activait certainement trop après le traitement subit. Peut être devait-il en informer les médecins ? D'un autre côté, lui aurait déjà tenté de s'enfuir. Etait-il vraiment capable d'en juger ?
Alors il la laissa faire, dardant un regard critique sur l'un des rares paniers épargnés par la jeune femme. Il l'observa prendre une photo et taper un message. Prends ton temps Vanya, ce n'est pas comme si j'étais là à t'attendre hein... Pour un peu, il aurait roulé des yeux. Mais clément, il se contenta de concentrer sa respiration. Quoiqu'il en dise, cette visite à l'hôpital avait été une accalmie dans une journée chaotique. Et puis, vint une invitation à laquelle il ne s'attendait pas. Lui demandait-elle de l'accompagner à une beuverie telles que seuls les pirates en avaient le secret ? Cela y ressemblait fortement, et la déclaration lui arracha un sourire. Déjà parce qu'il doutait fortement qu'elle puisse rivaliser avec lui, mais surtout parce que l'idée qu'elle puisse tenter de le porter 'virilement' l'amusa plus qu'il ne voulut l'admettre. Alors certes, son expression tenait plus de la grimace de celui qui avait oublié comment sourire que d'un véritable sourire, mais elle ne laissa planer aucun doute sur comment il avait accueillit l'invitation. Honnêtement, il ne pensait pas aller un jour boire avec elle, ni avant, ni dans un futur proche, mais au moins n'avait-il pas simplement tourné les talons. Pour un peu aurait-il secoué la tête comme pour balayer une bêtise qu'on venait de lui souffler. Seulement, voilà que Vanya reprenait son sérieux, et il reprit bien vite le sien également. La demande ne le surpris pas outre mesure.
La jeune femme était frêle, petite, auréolée de paillettes et de faux-semblants, pourtant, pour celui capable de sonder son regard, il y avait quelque chose de familier dans ses iris abyssaux. Non seulement une couleur qu'il rêvait de retrouver, mais également cet éclat sauvage, indomptable de ceux qui refusent les chaînes et la pitié. Il le reconnut comme s'il pouvait le sien dans le regard de Vanya, comme un reflet. Pourtant, il doutait amèrement d'avoir garder cette lueur dans ses yeux. Alors si son regard ne s'adoucit pas forcément, il prit une toute autre teinte. Comme pour signifier qu'il comprenait, qu'il savait, et qu'à sa place, il aurait sûrement demandé la même chose. Ainsi, doucement, il hocha la tête, presque solennellement.

-Je ne dirais rien.

Qu'il souffla alors sobrement en se relevant, les bras chargés de chocolats et autre friandises. Et alors qu'il s'apprêtait à s'en aller, à faire comme s'il n'avait jamais mis les pieds dans cette chambre et à nier toute entrevue, il s'arrêta et darda son regard sur Vanya.

-Il n'y a rien de lamentable à avoir arracher l'oeil de son ennemi. Dommage que tu n'aies put le conserver.

Lui déclara-t-il alors dans une vaine tentative de réconfort. C'était peut être maladroit, mais n'y avait-il pas là comme une teinte de respect dissimulée dans ses mots ? Sûrement un peu. Il n'y avait rien de lamentable là dedans. Les cicatrices deviennent plus tard marques de combats épiques et d'épreuves traversées. Peut être que dans le monde élégant et rococo de Vanya les vieilles valeurs pirates de Capitaine Erle Crawford n'avaient pas leurs places, mais il savait que ce n'était pas là son unique domaine. Alors d'un regard entendu, il lui adressa un dernier signe de tête en salut, avant de disparaître de la salle. Et en un instant, ce fut comme s'il n'avait jamais été là.
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