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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: L'écueil des Oratorias | Jules Dim 1 Juil - 19:34
L'écueil des Oratorias
Je luis de paillette et me réduit au chaos



Divine, l'allure aussi sublime que voluptueuse, l'ombre qui progressait au sein de l'Allée des Chopines semblait avoir été arraché aux plus intenses des astres pour embrasser de son éther les bas-fond de la capitale. Ainsi cette fée au pas blanc, sensuellement drapé d'or et nacarat avait-elle prit pour compagne Ténèbres et alcool pour affronter les sinueux démons qui guettaient l'ambre de sa chevelure. Le long voiles de ses cils s'était alors perfidement abattu sur la libidineuse appétence qui dévorait les quelques hommes tenus près de ses chaires, désespérément accroché aux courbes que dévoilait subtilement sa robe sirène pour finalement lui accorder cet air d'Enchanteresse, capable d'insuffler la vie aux rocs et commander aux vents. Alors, armée d'une patience des plus rare, Vanya avait éconduit l'infernal murmure de cette Perdition viscérale qui, juché entre ses boucles enflammées de cette reine sans couronne, lui soufflait cet appel nécessaire aux sombres pulsions qui animait son cœur. A mi-chemin entre colère sourde et besoin devenu viscéral de plaire, son cœur luttait avec véhémence contre les assauts d'un orgueil mit à mal pour finalement la conduire aux portes de ces bars sans grande prestance qui faisait les joies des fêtards et la compagnie de sa froide majestés. Ainsi s'était-elle laissée choir entre les filets de ces hommes, pendue aux lèvres de quelques exploits, bercée par les danses exutoires et désespérément accrochée aux harmonies de quelques musiques qui lui avait permit, un temps, d'oublier ses propre errances et la dureté d'un cœur qui peinait à battre sans soulever le chaos autour de lui. Un rire dictame aux lèvres, elle avait trouvé place aux tables de groupes dont les rires harmonieux dissonaient cependant du sien alors, noyant ces quelques fausses notes dans un mauvais bourbon pour reprendre courage et superbe, Vanya s'était imposée, comme toujours, dans ses habits de sublime compagnie. Chant, danse et rire avait été au rendez-vous, comme toujours, mais une étrange lueur n'avait su quitter son regard fauve alors, lorsque l'attention se portait ailleurs, qu'une jolie serveuse passait et captivait d'une savante démarche roulée les cœurs tenus jusqu'alors par la seule force d'un battement de cil Nawra, Vanya se terrait dans un silence aussi sombre qu'éloquent. Elle avait succombé à l'appel des soirées afin de taire au mieux les démons vengeurs et égoïste qui battaient tout contre son cœur, s'était vu soumise à ce cri nécessaire et viscéral qui hurlait à l'Oublie en portant ses lèvres à celles de l'alcool sans grand mal. Les charmes du rhum ou de quelques bières avait suffit un instant à chasser ce retour si discret au sein du conseil, ce pas presque honteux, devenu imperceptible à force de jouer aux spectres afin d'échapper au regard de ce monde qu'elle avait jusqu'alors épousée avec passion. Ainsi avait-elle fuit le pas tranquille de Meora, s'était faufilé parmi les ombres loin du chemin qu'eut emprunté Erle Crawford pour finalement s'effacer derrière les grandes portes de hall lorsque Nero et Crofton les eurent finalement passé. Un piète et risible voleuse, voilà à quoi s'était-elle réduite, fuyant au mieux ses collègues et son propre manoir de peur d'exposer cette détresse viscérale qui la rongeait depuis déjà deux semaines. Peur, haine et appel vengeur s'étaient mêlé au chaos de son esprit pour finalement éclore en un besoin viscéral, celui de fuir, de se blottir derrière d'impeccable masque pour tromper les sourires et les attentes que l'on pouvait apposer sur ses épaules. Pour ne pas éclater en une violence sans précédent. Fuir n'était pas une solution hurlait ses valeurs et un égo acculé au plus loin de son trône, détruire Port Pauplie, mettre le feu aux navires Nawra et lacérer à la manière d'une harpie le visage de son propre père l'aurait sans doute été et pourtant, la rousse s'était étonnamment tenue à la voie la plus sage. Contrainte par son état, certes, mais surtout tenue par les propos d'Erle Crawford. Elle n'était pas seule n'est-ce pas... ?
Patienter. Il fallait simplement patienter, aussi douloureux soit le poids de l'impuissance.

Instinctivement, sa main s'était doucement portée à ce ventre mis à mal par la morsure de l'aligatueur paternel, rappelant à son esprit embrumé les affres d'un combat offert en pâture à la Mort et ses faucheuses. Il n'avait jamais s'agit là d'un banal rappel à l'ordre mais bien d'une menace voué à éradiquer pour de bon cette insubordination qui courrait sur l'échine de la rousse. Si elle n'avait eut la force de se redresser à demi, de saisir ce canif et de luter comme le démon qu'elle était, peut être que jamais on aurait retrouvé son corps, noyé au plus bas des mers de Lernaïaques ou nécrosé entre la gueule gigantesque de ce monstre à écaille. Alors, soumise aux réminiscences douloureuse de cet acte Vanya n'avait su feindre ces radieux sourires dont elle avait le secret, figés, factices, et pourtant charmants. Non. Son visage avait prit une toute autre teinte, à mille lieu de ces façades porcelaine et délicate. Les passions jusqu'alors tenue au silence par cette canine nerveusement posée contre des lèvres tout juste cicatrisée s'étaient alors gonflées, tordues pour hurler sans un mot, déchaînant en quelques tempête les sombres monstres tapis là, au plus bas des abysses que composaient le sauvage regard de cet enfant de la piraterie rigeloise. Ainsi donc ses lèvres avaient de nouveau trouvé le chemin de l'amertume, noyant celle de son cœur dans une mauvaise bière qui lui arracha quelques désagréable frisson avant de la conduire à ces ruelles animées auquel se confrontait sa propre solitude et un pas des plus hasardeux. Les refuges ne manquait pas, les recoins luxueux non plus et pourtant jamais la si précieuse princesse de Bourg Cadran n'eut autant besoin de se confronter aux ténèbres que cette nuit là. Elle voulait épouser la perdition qui glissait le long de son épiderme, oublier tout ce brouhaha qui agitait son esprit pour finalement trouver ne serait-ce qu'un peu de quiétude. Un peu de répit.
Rentrer aurait-été une bonne idée, retrouver le confort de son manoir ou bien enfouir son cœur palpitant sous les attentions de ses pairs au sein du conseil mais la belle n'était pas dupe ; elle avait fuit l’hôpital, avait réduit au silence tout signe de vie pour embrasser la solitude et ne pouvait espérer rentrer d'un pas enjoué pour espérer finir dans les bras rassurants d'un collègue empathique. Et puis le souhaitait-elle véritablement ? Pas tout à fait. Son état la répugnait suffisamment pour la tenir loin de ses jetés de paillettes et posture de diva. Il n'était pas question que le conseil l'observe sous un si mauvais jour. De même, si son pas l'avait un instant poussé à retrouver son manoir pour une douche bien mérité et une préparation des plus superbe en prévention d'une soirée qui aurait dû se faire radieuse, Vanya n'avait à présent plus le cœur à rentrer. Ses pokemons l'y attendrait, Lupin également, et jouer les faibles sous des regards qu'elle se devait de protéger n'était pas une option viable. Peut être était-ce pour cela que son sac à main avait engouffré quelques rechanges, pressentant une nuit passé chez des amis ou dans le lit d'un inconnu...

Le pas tranquille bien qu'un peu hasardeux, cette reine sans couronne s'était finalement résignée à quérir un peu de compagnie, traînant sa carcasse en direction d'un cœur dont elle ne craignait plus le regard, ou presque. De toute manière, tout commentaire désobligeant se finirait plaqué à une table s'était-elle jurée lorsque l'idée de venir chouiner entre les mains du serveur qui la récupérait de manière quasis constante après un déboire amoureux s'imposa à elle. Ainsi avait-elle échouée tout contre cette enseigne, enchaîné par un je-ne-sais quoi à l'entrée, une main nerveusement portée au foulard qui corsetait sa gorge depuis le début de la soirée pour cacher au regard les plus habiles les derniers bleus qui cherchaient à l'étouffer. Un premier pas la conduit au doux sourire d'un serveur alors, doucement, Vanya s'efforça de tracer sur son visage cette même quiétude qui fut, entre ses doigts, ternit par une mélancolie des plus palpable. Alors elle avait reprit sa route, se glissant sans grand mal entre les derniers groupes tenu là, lourdement imbibé pour certain, fortement enjoué pour d'autre. L'heure de la fermeture approchait et elle le savait alors, si elle eut une pensée pour ce pauvre Barman afféré autour du nettoyage de son bar, l'égoïsme inhérent à son caractère prit le dessus. Elle se hissa doucement sur l'une de chaise à sa disposition et vint doucement perdre son regard sur les mains affairés devant elle, désespérément accroché aux spécificités de celles-ci.
Vanya, maîtresse coordinatrice au regard entêtant avait délaissé sa froide majestés pour choir contre le marbre qui la séparait de Jules, croisant doucement ses bras devant elle pour offrir à sa joue un support plus délicat que ce trône de pierre et ainsi laisser aux regard les plus surprit une posture qu'on ne lui connaissait pas, plus proche de l'abandon que de cette impériosité primaire et viscérale qui teintait chacun de ses pas. Alors, peu soucieuse de l'image qu'elle pouvait renvoyer, ses iris vinrent se laisser happer par cette ombre suspendue au dessus de son visage.

Jules possédait le charme entêtant des spectre de son enfance, celui là seul qui faisait taire l'égo de la belle pour l'enfermer dans une intense contemplation, à mi-chemin entre l'effroi que pouvait procurer la vision d'un cadavre accroché à la vie et la fascination encouru lorsque l'on pensait tenir au bout de ses cils une vision irréelle. Sa peau diaphane tout d'abord, maladive, avait été la première chose qui l'avait frappé lorsque, au détour d'une ruelle crasseuse de Port Pauplie, la demoiselle avait apposée sa fougue juvénile sur cet intrus venu mordre ce territoire qu'elle avait décrété sien. Puis était venu l'étrange posture de son ombre longiligne, courbée à la manière d'un immense oiseau noir sur la moue sauvage de notre rouquine qui, peut être soumise à la stupeur, n'avait su dire mot. Il était gigantesque et si aujourd'hui sa taille n'impressionnait plus vraiment cette furie aux tailles de fées, elle savait encore lui arracher quelques battement de cils admiratif. A dire vrai, il s'agissait là plus d'une affaire d'aura que de grandeur, un je-ne-sais-quoi qu'elle ne parvenait a expliquer lorsqu'on lui demandait comment elle avait pu finir entre ses bras. Jules la fascinait, tout bonnement, et ce à chaque fois qu'elle venait à le retrouver. Il faut dire que leurs retrouvailles n'étaient pas la chose la plus courante qui soit dans la vie de Vanya et que celles-ci se faisaient aussi douce et tendre que farouche et douloureuse. Combien de fois lui avait-elle jeté au visage d'acerbes propos ? Trop pour être dénombré et pourtant, c'était toujours presque timidement qu'elle venait choir contre lui, généralement moins lamentable que cette nuit là. Elle qui n’hésitait plus à soutenir l'altier regard de Crawford, elle qui ne détournait les yeux devant les plus morbides spectacle n'avait su trouver l'apaisante teinte qui régnait habituellement sur les iris de son ami ? Ex ? Partenaire de cris, d'idylle ou d'une relation qui trouvait parfois des airs aussi toxique que malsaine ? C'était difficile à dire, leur relation était ambiguë sur trop d'aspect. Aussi destructrice que nécessaire.

Jules ? Avait-elle appelée dans un glapissement à peine perceptible, détachant doucement ses cils des doigts diaphane du brun pour remonter le long de son bras, épaule, et au final se nicher sur cette mâchoire carrée et harmonieuse qui lui avait arraché un timide sourire. Sers moi la pire de tes bières s'il te plaît... Je ne pense pas être en état d'apprécier un bon verre. Ni de feindre cette superbe qu'elle traînait à toute heure de la journée semblait-il. Alors ses doigts vinrent doucement défaire le foulard qui enserrait les derniers bleus parant sa gorge, laissant son regard de nouveau choir sur une main dont elle désira soudainement le contact sans parvenir véritablement à le formuler. C'était d'une étreinte dont elle avait besoin, pas d'un verre. Sa voix soudainement écorchée, presque tremblante sembla chercher ses mots, les balayer sous le poids d'un orgueil écrasant et finit par, de nouveau, se réduire au silence. Elle avait tant de chose à coucher là, sur ce bar. Du personnel, son égocentrisme ne le lui aurait jamais pardonné sinon mais également toute ces craintes qui agitait son coeur habituellement si hardi. Des craintes, des doutes, des sentiments, un chaos émotionnels qui se voulait rationnel sans pour autant y parvenir et, au final, seul un bref murmure parvint à échapper au contrôle de son égo pourtant stoïque parmi la tornade qui s'agitait là. J'ai fais une bêtise tu sais. Une grosse... Comment fais-tu pour ne pas avoir assez de mes faux pas ? Moi-même je commence à m'épuiser.... Mmh ? Qu'est-ce que tu disais là demoiselle ? Jouer sur la corde d'une pitié n'était pourtant pas ton genre et...

Se redressant à demi comme pour défaire l'image de chenipan-PLS qu'elle arborait depuis quelques instant, la rousse au regard cerné vint doucement faire face, écartant d'un revers de poignet les quelques larmes qui menaçait ce calme des plus fragile, celui là-même qui la tenait encore debout et ce pour finalement épousseter doucement cette longue robe rouge et replacer ce bustier quelque peu insubordonné. Le désespoir n'avait rien d'attractif et perdre le peu de charme qui lui restait après le passage de son épiderme nacré à blafard et bleu méthylène, après les balafres sévères et cicatrices morales, n'était pas même envisageable. Alors elle avait feint la superbe, maudissant chacun de ces muscles qui, faiblissant, tirait son visage vers une tristesse palpable, chacune des douleurs qui la vrillait lorsqu'elle s'aventurait à esquisser un mouvement trop brusque et, doucement, la belle trouva une posture qui lui assurerait un semblant de prestance. Je la refait, excuse moi. Bonsoir Jules, comment vas tu ? Ca fait un bail dit donc. Je t'ai manqué ? Petit clin d'oeil pour conclure, impeccable. Ca claquait déjà un peu plus que l'échouage de Waillord dans un "mouaaaaaaaaaaaaaaarffff, sauvez moi D8". Mouais. Sourire on a dit. Sou-rire.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Sam 7 Juil - 23:14

Elle se vautre devant toi, ta furie rousse, et tu te sens pâlir. Ses ongles encrassés qui glissent sur le marbre, tu sais qu'ils peuvent griffer tes joues en un mouvement. Et ses cheveux trop fins collés à ses tempes. Et son foulard qui semble l'étrangler, et son regard humide de honte, de haine. Tu ne l'as jamais vue comme ça, vilaine, et ça ne l'empêche pas de te déchirer le palpitant à la force de ses crocs enduits de sucre et de vodka. Et ça brûle. Et ça t'arrache un sourire amer. « Elle... est jolie, ta robe. » T'as bafouillé. T'as rien trouvé de mieux à dire ? Mais c'est vrai qu'elle est jolie sa robe. Elle te réclame de l'alcool, encore, du mauvais de surcroît. Comme si tu étais capable de servir quoi que ce soit qui ne correspondrait pas à tes propres standards.  Tu secoues la tête et disparais quelques instants pour attraper quelques citrons et de quoi les presser. Tu fous ça dans un grand verre, complètes avec de l'eau bien fraîche, et ajoutes quelques glaçons.

Et quand tu lui présentes sa boisson, quand tes yeux fatigués passent sur les bleus de sa gorge, tu as un haut-le-cœur. Et elle se lamente, et ça te brise le cœur. Qui a osé faire ça ? Qui a osé te la rendre toute tremblante comme ça ? Tu n'es ni très fort ni très impressionnant, Mayakovski, mais si tu pouvais tenir les responsables entre tes mains trop grandes... T'en as presque envie de pleurer parce que, quoi que t'en dises, quand elle souffre c'est toi qui souffre. Parce qu'elle polarise tout ce qui peut émaner de ta maigre carcasse, parce que tu ne vois, écoutes, sens qu'elle.

Sauf que quand tu te sens de la serrer contre toi, elle se redresse et ça te bloque net. Elle s'essuie le coin de l’œil et réajuste sa robe, et toi t'es comme un con, vissé derrière ton bar. Et elle te ressort son petit numéro déjà trop réchauffé et, mentalement, tu lui colles une mandale. « T'es odieuse quand tu fais ça. T'as rien à me prouver. » Ta voix est sortie plus sèche que prévu, tu t'en veux un peu. Tu t'en veux beaucoup. « Je t'ai fait une citronnade... » que tu bredouilles en désignant du menton le verre oublié sur le comptoir. Et tu t'écrases à nouveau, Faible Mayakovski. Et tu commences à mettre de l'ordre derrière ton bar avant de te reprendre. Tu te tournes à nouveau vers elle car tu es sincèrement inquiet, Jules. Admets-le. « Attends. Faut vraiment qu'on parle de... ça... » Tu effleures ta propre gorge du bout des doigts, t'as un frisson et regardant la sienne.

Il ne te faut que quelques secondes pour aller attraper ta veste et l'enfiler. Tu la prends par la main, lui fais signe de se taire et attrapes la citronnade avant de l’entraîner discrètement jusqu'à la sortie. A peine tu poses un pieds dehors que tu manques de glisser sur le pavé. « Tu te sens de tenir sur le porte-bagage sans renverser ton verre ? De toute façon tu connais le trajet... »
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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Dim 8 Juil - 20:54
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Un tremblement au bout de l'épiderme, une canine venue sauvagement s'abattre sur sa lèvres inférieure pour sanctionner la faiblesse de son cœur, Vanya avait vacillé. Incapable de taire cette vile douleur qui la brûlait avec l'intensité d'un bout de chaire jeté au sel de Port Pauplie. Les larmes piquait un orgueil pourtant enfermé au plus haut de sa tour, hurlant à tout va qu'il préférait précipiter le monde dans un chaos incandescent plutôt que ployer le genoux et pourtant, Jules était parvenu à délier les serrures une à une pour lui faire face. Comme toujours. Alors, si les sanglots demeurait muselés, les larmes enchaînées au plus bas, sa précieuse majestés s'était vu mise à mal par un adjectif qui lui aurait arraché un rire s'il n'avait émané de ces lèvres-ci. Odieuse. Pourquoi ce mot lui arrachait-il le cœur lorsque c'était cette espèce de grande asperge qui le lui jetait au visage ? Les pires injures et qualifications savaient la draper au détour des magasines à scandales sans pourtant entacher sa précieuse souveraineté alors pourquoi ne parvenait-elle pas à passer outre ce minuscule buissons sur sa route ? Ces propos à peine trop secs qui la précipitait cependant aux portes de la PLS à chaque fois qu'ils heurtaient son coeur. Alors, et pour seule parade, la rousse avait lentement détaché son regard des pailles colorés qui reposaient tout contre elle pour finalement suspendre sa détresse aux cils de cet homme qui lui désignait d'un mouvement vague une citronnade à la grise mine. Ou était-ce là le reflet de son propre état que lui renvoyait le verre sans grande douceur. Qu'importe. Elle l'avait saisi sans un mot, presque résignée, et avait attrapé une paille pour la pincer entre ses lèvres. Dire qu'autrefois ce simple geste, mutin et appuyé par un battement de cil aussi voluptueux que séducteur, aurait arraché des sourires charmés aux spectateurs...
Lamentable. Ses doigts s'étaient doucement ancrés autour de ce verre devenu soudainement précieux à son cœur, s'attardant longuement sur les aléas des glaçons, leurs fêlures et crevasses comme pour feindre l'absence lorsque le regard de Jules se fit plus insistant au contact des hématomes. La jugeait-il ? Sans doute. Et, lorsque le sujet tomba inexorablement sur les épaules de ce cadavre aux boucles ardentes,  celui-ci se raidit brusquement. Avait-elle véritablement envie d'exposer chacune de ses cicatrices ? Pas vraiment. Pourtant, s'il y en avait bien un qui n'avais jamais fuit devant l’immondice que pouvait parfois constituer ce corps balafré, c'était bien lui. Alors peut être pourrait-elle constituer un refuge là, au creux de ses bras rassurant, le temps d'une heure, une nuit, sans craindre qu'il n'appose un regard répugné sur la putride carcasse qui était la sienne. Alors l'espace d'un instant ses iris fuyantes s'étaient désespérément accrochés à celles de son homologue, confiant sans un mot toute la détresse qui pouvait les piquer sans pourtant parvenir à coucher ses démons là, sur le marbre qui les séparait depuis trop d'instant déjà. Et elle avait essayé,véritablement,  mais ils demeuraient insidieusement tapis là, sous une langue immobile, pétrifiée.

Alors, l'espace d'un instant Vanya chercha à crier à l'aide. L'espace d'un instant, elle se crû capable de franchir ce fichu marbre pour se nicher tout contre ce spectre des beaux jours, car quoi qu'elle eut pu crier, quoi qu'elle eu pu chercher à graver à même ses chaires d'une griffe belliqueuse, Jules était un phare immuable dans son épopée chaotique. Un phare qu'aucune tempêtes ou vagues ne parvenaient à balayer. L'une des trop rares constantes qui demeurait là au sein d'une vie déchirée. Implacable. Il fallait avouer qu'il était fort son Jules. Il fallait l'être pour maîtriser pareille Bacchante, apaiser cette harpie aux serres sauvage que représentait son âme trop farouche. Peut être aurait-elle dû un jour le lui souffler, le dessiner du bout des doigts lorsque, suspendu au dessus de son dos, la belle jouait d'arabesque sur sa peau trop pâle. Non, ce n'était effectivement pas un sentiment à museler et pourtant la demoiselle s'était toujours attachée à taire ce genre d'émotion, de peur que cet homme trop précieux à ses yeux ne prennent l'ascendant sur elle, peut être trop craintive à l'idée des blessures qu'il saurait infliger à son cœur si elle le lui cédait plus encore. C'était peut être la raison au pourquoi elle finissait toujours par échouer chez lui sans jamais inverser les rôles. Qu'elle jouait d'intrusion sans permettre pour autant celles du champion de type spectre. Son manoir était une porte ouverture sur sa plus stricte intimité et si elle y avait accueillit Lupin, ce disciple aux allures de protégé, il y avait toujours ces pièces qu'elle refermait à clef. A l'ombre des regards.

Brusquement arraché à ses pensées par une veste vivement passée, sa main avait été entraînée sans véritablement comprendre comment jusqu'à la sortie pour affronter la morsure du froid et le glissement du brun que rattrapa bien maladroitement la coordinatrice. Alors, ses grands yeux bleus avaient doucement épousés les teintes émeraude et dictame que portaient ceux de son voisin, glissant le long de cette initiation au retour jusqu'au vélo rouillé qu'il lui offrait pour finalement éclore dans un pâle sourire. Il ne changerait donc jamais. Toujours aussi avenant, toujours trop doux à son égard. Il méritait qu'elle laisse la trace de ses griffes le long de son dos pour lui rappeler qu'il n'avait pas à à l'enfermer dans un nid de coton et douceur, que ce qui coulait dans ses veines c'était une perfidie aussi impérieuse que sauvage, qu'elle n'était pas une bonne personne, qu'il n'avait pas le droit de faire preuve d'autant d'attention car le mérite allait à d'autre et pourtant, tout doucement, l'égoïsme avait prit le pas sur tout le reste. Elle avait besoin de cette douceur tout particulière et n'avait décidément pas le coeur à la partager, quoiqu'elle eut envie de souffler. Jules, pourquoi étais-tu si délicat ? Un fin soupire aux lèvres, Vanya lui avait subtilisé le verre des mains pour l'apposer sur le trottoir, contemplant un instant cette cicatrice au menton qu'elle se plut à effleurer avant de délicatement passer ses bras autours de son cou. Et à l'instar des sirènes, des muses où nymphe qu'elle se plaisait à imiter lorsque sonnait l'heure des concours, la jolie rousse avait happé ce visage jusqu'à elle, plongeant longuement au travers de ses hiris pour se saisir de ses lèvres comme pour taire la douleur qui brûla soudainement sa poitrine toute entière. Il fallait faire taire les prémisses de cette joute que jouait les sanglots et l'orgueil. Le contact lui avait été nécessaire, s'était fait viscéral, et si elle n'avait bondit à la manière d'un fauve, c'était avec une intensité rare qu'elle s'était pendue à ce baisé. Elle avait besoin de lui. Arceus ! Elle avait tellement besoin de lui, que ses baisés pare sa gorge et que ses bras l'étreigne au moins pour cette nuit. A dire vrai, c'était dans ce genre de moment qu'elle aimerait être la seule, l'unique de sa vie. Quitte à marquer sa fesse droite au fer rouge pour hurler au monde qu'il était à elle et que la grande et puissante Vanya ne partageait pas, mais les faits étaient toujours compliqués et si aujourd'hui elle cherchait nécessairement son contact, le lendemain porterait peut être une futile dispute qui la pousserait pourtant à lui hurler l'exécration qu'elle lui portait. Chacun abordait sa vie comme bon lui semblait et Vanya la première n'exigeait n'avoir aucun compte à lui rendre. Il n'était d'ailleurs pas rare qu'elle vienne choir tout près de lui pour confier entre ses mains ses déboires relationnels, ces amours de passages qui n'était au final qu'un pâle intérêt, qui ne blessait  ni son cœur, ni son âme, mais bien une fierté trop grande. D'un autre côté cependant, cette tempête solaire ne supportait véritablement pas les jeux de regard qui pouvaient s'échanger entre son Jules et les perfides Oratoria qui tentait de faire de l'ombre à sa souveraineté. Aussi vive était l'antipathie du feu à l'égard de l'eau, aussi véhément était les vents aux contours des falaises, Vanya dardait toujours de quelques menaces silencieuses les perfides tentatrices qui œuvraient non loin d'elle. Quitte à plomber d'un égoïsme certain la vie sentimentale de ce si précieux chevalier sur lequel elle avait apposé ses griffes.

Rompant doucement le charme qu'elle avait bien maladroitement instauré, Vanya s'était reculé d'un pas, puis d'un second, chassant d'une inspiration contrôlé les ruines de sa tristesse pour finalement se saisir de sa boisson et pincer entre ses lèvres affamées une bien maigre paille. Sa gorge s'était asséché aux baisés de l'alcool aussi, elle bénit silencieusement Jules pour cette citronnade tout en prenant place à l'arrière du vélo sans grande crainte. Elle arpentait les ruelles de la capitale en escarpin depuis le début de la soirée, elle parviendrait à jouer les princesses gracieusement suspendue à l'arrière d'un vélo, porté par son prince vers de lumineux horizon. En l'occurrence de bien pâle réverbères. Alors la belle avait méthodiquement ramenée sa robe à elle pour éviter tout contact avec les roues, forgé des noeuds avec le tissus pour ne pas s'encombrer inutilement les mains, d'autant plus qu'au point ou elle en était, la superbe n'était plus vraiment de mise. Et elle avait levé se pouce en l'air pour témoigner de son accord sans avoir à lâcher son précieux verre, un petit sourire en coin et le regard plus doux qu'écorché. Le balancement tranquille de ses jambes mises à nue trahit cependant cette impatience qui courrait sur son échine, motivé à la fois par l'épuisement qui l'étreignait et la présence de ce doux regard qui grisait son épiderme depuis quelques instants déjà.

«- Dis... Si on trouve de quoi manger à cette heure-ci, on peu s'y arrêter et emporter ? Je meurs de faim. Tu as mangé d'ailleurs ? Parce que sinon je peux faire des pâtes pour deux hein. » Osa t'elle finalement murmurer du bout des lèvres, la pupille tout d'abord fermement agrippé aux mains du champion pour finalement épouser d'un pâle sourire l'inquiétude qui semblait marquer le brun.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Hier à 21:11

Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? T'aurais même pas de mots à poser dessus, juste un son, un soupire. Car les nœuds dans ton ventre, elle est la seule à te rappeler qu'ils existent. Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? En fait, tu sais pas trop. Peu importe l'amour que tu peux lui porter (rends-toi à l'évidence, Jules), son comportement te paraîtra toujours aussi exécrable. Ses travers, ses manières, tu les hais. Ses lèvres contre les tiennes, tu les hais. Tu les hais car même avec toute la bonne volonté du monde tu auras toujours le soufflé coupé par ce doute lancinant qui profite de ta faiblesse, tapi dans l'ombre de tes côtes. Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? Je crois que tu sais très bien ce que ça te fait. C'est plus comme avant. Et cette main tu passes autour de sa taille n'est plus comme avant non plus. Et l'alcool âcre. Et le citron trop acide.

Elle brise ce contact et tu sens malgré toi le rose te monter aux joues. Et tes cernes rendues trop noires par les ampoules jaunes pisse des réverbères. A elle non plus, ça ne lui sied pas au teint. Tu la regardes reculer, un pas, un deuxième, et elle grimpe sur ton vélo. Tu ne respires plus, elle sourit, toi aussi, tu peux pas t'en empêcher. T'enfourche ton bolide un larguant un « Je n'ai pas faim. » à peine articulé. De toute façon tu n'as jamais faim. Tu manges par obligation, tu manges quand on te le rappelle, tu manges quand tu trouves des aliments qui ne te mettraient pas trop en danger. « Mais t'en fais pas, je dois avoir de quoi te faire la popote chez moi. » que tu ajoutes en te tournant vers elle, l’œil brillant car tu veux la préserver, car tu sais les efforts qu'elle fait et que tout ruiner serait idiot.

Tu ne t'es même pas rendu compte que tu as déjà commencé à pédaler. Ce n'est qu'un spectre derrière toi, ses maigres bras agrippés à ta veste comme seule assurance de sa présence, de son existence même. Et tu ne prononces pas un mot du trajet, et tu essaies de ne pas aller trop vite pour ne pas la secouer, et tu veux profiter de l'air sur tes paupières, du silence des rues, car tu sais que la nuit va être longue. Et en bas de chez toi, c'est toujours le même cinéma : tu l'invites à descendre de sa monture de rouille avant de donner un coup d'épaule chaque fois trop violent dans cette porte en bois qui ne connaîtra ni serrures ni serruriers. Puis vient l'étape du placard, et ton vélo trop grand pour ce trou dans le mur où tu peines chaque fois à le faire tenir. Cet effort fourni tu souffles un peu, jettes un regard à ta Vanya. Ta Vanya petite et frêle, ivre et fatiguée, en équilibre sur ses talons hauts. Et tu lèves les yeux vers tes escaliers en colimaçon, étroits, interminables. « Je te porte ? »
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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules
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