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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: L'écueil des Oratorias | Jules Dim 1 Juil - 19:34
L'écueil des Oratorias
Je luis de paillette et me réduit au chaos



Divine, l'allure aussi sublime que voluptueuse, l'ombre qui progressait au sein de l'Allée des Chopines semblait avoir été arraché aux plus intenses des astres pour embrasser de son éther les bas-fond de la capitale. Ainsi cette fée au pas blanc, sensuellement drapé d'or et nacarat avait-elle prit pour compagne Ténèbres et alcool pour affronter les sinueux démons qui guettaient l'ambre de sa chevelure. Le long voiles de ses cils s'était alors perfidement abattu sur la libidineuse appétence qui dévorait les quelques hommes tenus près de ses chaires, désespérément accroché aux courbes que dévoilait subtilement sa robe sirène pour finalement lui accorder cet air d'Enchanteresse, capable d'insuffler la vie aux rocs et commander aux vents. Alors, armée d'une patience des plus rare, Vanya avait éconduit l'infernal murmure de cette Perdition viscérale qui, juché entre ses boucles enflammées de cette reine sans couronne, lui soufflait cet appel nécessaire aux sombres pulsions qui animait son cœur. A mi-chemin entre colère sourde et besoin devenu viscéral de plaire, son cœur luttait avec véhémence contre les assauts d'un orgueil mit à mal pour finalement la conduire aux portes de ces bars sans grande prestance qui faisait les joies des fêtards et la compagnie de sa froide majestés. Ainsi s'était-elle laissée choir entre les filets de ces hommes, pendue aux lèvres de quelques exploits, bercée par les danses exutoires et désespérément accrochée aux harmonies de quelques musiques qui lui avait permit, un temps, d'oublier ses propre errances et la dureté d'un cœur qui peinait à battre sans soulever le chaos autour de lui. Un rire dictame aux lèvres, elle avait trouvé place aux tables de groupes dont les rires harmonieux dissonaient cependant du sien alors, noyant ces quelques fausses notes dans un mauvais bourbon pour reprendre courage et superbe, Vanya s'était imposée, comme toujours, dans ses habits de sublime compagnie. Chant, danse et rire avait été au rendez-vous, comme toujours, mais une étrange lueur n'avait su quitter son regard fauve alors, lorsque l'attention se portait ailleurs, qu'une jolie serveuse passait et captivait d'une savante démarche roulée les cœurs tenus jusqu'alors par la seule force d'un battement de cil Nawra, Vanya se terrait dans un silence aussi sombre qu'éloquent. Elle avait succombé à l'appel des soirées afin de taire au mieux les démons vengeurs et égoïste qui battaient tout contre son cœur, s'était vu soumise à ce cri nécessaire et viscéral qui hurlait à l'Oublie en portant ses lèvres à celles de l'alcool sans grand mal. Les charmes du rhum ou de quelques bières avait suffit un instant à chasser ce retour si discret au sein du conseil, ce pas presque honteux, devenu imperceptible à force de jouer aux spectres afin d'échapper au regard de ce monde qu'elle avait jusqu'alors épousée avec passion. Ainsi avait-elle fuit le pas tranquille de Meora, s'était faufilé parmi les ombres loin du chemin qu'eut emprunté Erle Crawford pour finalement s'effacer derrière les grandes portes de hall lorsque Nero et Crofton les eurent finalement passé. Un piète et risible voleuse, voilà à quoi s'était-elle réduite, fuyant au mieux ses collègues et son propre manoir de peur d'exposer cette détresse viscérale qui la rongeait depuis déjà deux semaines. Peur, haine et appel vengeur s'étaient mêlé au chaos de son esprit pour finalement éclore en un besoin viscéral, celui de fuir, de se blottir derrière d'impeccable masque pour tromper les sourires et les attentes que l'on pouvait apposer sur ses épaules. Pour ne pas éclater en une violence sans précédent. Fuir n'était pas une solution hurlait ses valeurs et un égo acculé au plus loin de son trône, détruire Port Pauplie, mettre le feu aux navires Nawra et lacérer à la manière d'une harpie le visage de son propre père l'aurait sans doute été et pourtant, la rousse s'était étonnamment tenue à la voie la plus sage. Contrainte par son état, certes, mais surtout tenue par les propos d'Erle Crawford. Elle n'était pas seule n'est-ce pas... ?
Patienter. Il fallait simplement patienter, aussi douloureux soit le poids de l'impuissance.

Instinctivement, sa main s'était doucement portée à ce ventre mis à mal par la morsure de l'aligatueur paternel, rappelant à son esprit embrumé les affres d'un combat offert en pâture à la Mort et ses faucheuses. Il n'avait jamais s'agit là d'un banal rappel à l'ordre mais bien d'une menace voué à éradiquer pour de bon cette insubordination qui courrait sur l'échine de la rousse. Si elle n'avait eut la force de se redresser à demi, de saisir ce canif et de luter comme le démon qu'elle était, peut être que jamais on aurait retrouvé son corps, noyé au plus bas des mers de Lernaïaques ou nécrosé entre la gueule gigantesque de ce monstre à écaille. Alors, soumise aux réminiscences douloureuse de cet acte Vanya n'avait su feindre ces radieux sourires dont elle avait le secret, figés, factices, et pourtant charmants. Non. Son visage avait prit une toute autre teinte, à mille lieu de ces façades porcelaine et délicate. Les passions jusqu'alors tenue au silence par cette canine nerveusement posée contre des lèvres tout juste cicatrisée s'étaient alors gonflées, tordues pour hurler sans un mot, déchaînant en quelques tempête les sombres monstres tapis là, au plus bas des abysses que composaient le sauvage regard de cet enfant de la piraterie rigeloise. Ainsi donc ses lèvres avaient de nouveau trouvé le chemin de l'amertume, noyant celle de son cœur dans une mauvaise bière qui lui arracha quelques désagréable frisson avant de la conduire à ces ruelles animées auquel se confrontait sa propre solitude et un pas des plus hasardeux. Les refuges ne manquait pas, les recoins luxueux non plus et pourtant jamais la si précieuse princesse de Bourg Cadran n'eut autant besoin de se confronter aux ténèbres que cette nuit là. Elle voulait épouser la perdition qui glissait le long de son épiderme, oublier tout ce brouhaha qui agitait son esprit pour finalement trouver ne serait-ce qu'un peu de quiétude. Un peu de répit.
Rentrer aurait-été une bonne idée, retrouver le confort de son manoir ou bien enfouir son cœur palpitant sous les attentions de ses pairs au sein du conseil mais la belle n'était pas dupe ; elle avait fuit l’hôpital, avait réduit au silence tout signe de vie pour embrasser la solitude et ne pouvait espérer rentrer d'un pas enjoué pour espérer finir dans les bras rassurants d'un collègue empathique. Et puis le souhaitait-elle véritablement ? Pas tout à fait. Son état la répugnait suffisamment pour la tenir loin de ses jetés de paillettes et posture de diva. Il n'était pas question que le conseil l'observe sous un si mauvais jour. De même, si son pas l'avait un instant poussé à retrouver son manoir pour une douche bien mérité et une préparation des plus superbe en prévention d'une soirée qui aurait dû se faire radieuse, Vanya n'avait à présent plus le cœur à rentrer. Ses pokemons l'y attendrait, Lupin également, et jouer les faibles sous des regards qu'elle se devait de protéger n'était pas une option viable. Peut être était-ce pour cela que son sac à main avait engouffré quelques rechanges, pressentant une nuit passé chez des amis ou dans le lit d'un inconnu...

Le pas tranquille bien qu'un peu hasardeux, cette reine sans couronne s'était finalement résignée à quérir un peu de compagnie, traînant sa carcasse en direction d'un cœur dont elle ne craignait plus le regard, ou presque. De toute manière, tout commentaire désobligeant se finirait plaqué à une table s'était-elle jurée lorsque l'idée de venir chouiner entre les mains du serveur qui la récupérait de manière quasis constante après un déboire amoureux s'imposa à elle. Ainsi avait-elle échouée tout contre cette enseigne, enchaîné par un je-ne-sais quoi à l'entrée, une main nerveusement portée au foulard qui corsetait sa gorge depuis le début de la soirée pour cacher au regard les plus habiles les derniers bleus qui cherchaient à l'étouffer. Un premier pas la conduit au doux sourire d'un serveur alors, doucement, Vanya s'efforça de tracer sur son visage cette même quiétude qui fut, entre ses doigts, ternit par une mélancolie des plus palpable. Alors elle avait reprit sa route, se glissant sans grand mal entre les derniers groupes tenu là, lourdement imbibé pour certain, fortement enjoué pour d'autre. L'heure de la fermeture approchait et elle le savait alors, si elle eut une pensée pour ce pauvre Barman afféré autour du nettoyage de son bar, l'égoïsme inhérent à son caractère prit le dessus. Elle se hissa doucement sur l'une de chaise à sa disposition et vint doucement perdre son regard sur les mains affairés devant elle, désespérément accroché aux spécificités de celles-ci.
Vanya, maîtresse coordinatrice au regard entêtant avait délaissé sa froide majestés pour choir contre le marbre qui la séparait de Jules, croisant doucement ses bras devant elle pour offrir à sa joue un support plus délicat que ce trône de pierre et ainsi laisser aux regard les plus surprit une posture qu'on ne lui connaissait pas, plus proche de l'abandon que de cette impériosité primaire et viscérale qui teintait chacun de ses pas. Alors, peu soucieuse de l'image qu'elle pouvait renvoyer, ses iris vinrent se laisser happer par cette ombre suspendue au dessus de son visage.

Jules possédait le charme entêtant des spectre de son enfance, celui là seul qui faisait taire l'égo de la belle pour l'enfermer dans une intense contemplation, à mi-chemin entre l'effroi que pouvait procurer la vision d'un cadavre accroché à la vie et la fascination encouru lorsque l'on pensait tenir au bout de ses cils une vision irréelle. Sa peau diaphane tout d'abord, maladive, avait été la première chose qui l'avait frappé lorsque, au détour d'une ruelle crasseuse de Port Pauplie, la demoiselle avait apposée sa fougue juvénile sur cet intrus venu mordre ce territoire qu'elle avait décrété sien. Puis était venu l'étrange posture de son ombre longiligne, courbée à la manière d'un immense oiseau noir sur la moue sauvage de notre rouquine qui, peut être soumise à la stupeur, n'avait su dire mot. Il était gigantesque et si aujourd'hui sa taille n'impressionnait plus vraiment cette furie aux tailles de fées, elle savait encore lui arracher quelques battement de cils admiratif. A dire vrai, il s'agissait là plus d'une affaire d'aura que de grandeur, un je-ne-sais-quoi qu'elle ne parvenait a expliquer lorsqu'on lui demandait comment elle avait pu finir entre ses bras. Jules la fascinait, tout bonnement, et ce à chaque fois qu'elle venait à le retrouver. Il faut dire que leurs retrouvailles n'étaient pas la chose la plus courante qui soit dans la vie de Vanya et que celles-ci se faisaient aussi douce et tendre que farouche et douloureuse. Combien de fois lui avait-elle jeté au visage d'acerbes propos ? Trop pour être dénombré et pourtant, c'était toujours presque timidement qu'elle venait choir contre lui, généralement moins lamentable que cette nuit là. Elle qui n’hésitait plus à soutenir l'altier regard de Crawford, elle qui ne détournait les yeux devant les plus morbides spectacle n'avait su trouver l'apaisante teinte qui régnait habituellement sur les iris de son ami ? Ex ? Partenaire de cris, d'idylle ou d'une relation qui trouvait parfois des airs aussi toxique que malsaine ? C'était difficile à dire, leur relation était ambiguë sur trop d'aspect. Aussi destructrice que nécessaire.

Jules ? Avait-elle appelée dans un glapissement à peine perceptible, détachant doucement ses cils des doigts diaphane du brun pour remonter le long de son bras, épaule, et au final se nicher sur cette mâchoire carrée et harmonieuse qui lui avait arraché un timide sourire. Sers moi la pire de tes bières s'il te plaît... Je ne pense pas être en état d'apprécier un bon verre. Ni de feindre cette superbe qu'elle traînait à toute heure de la journée semblait-il. Alors ses doigts vinrent doucement défaire le foulard qui enserrait les derniers bleus parant sa gorge, laissant son regard de nouveau choir sur une main dont elle désira soudainement le contact sans parvenir véritablement à le formuler. C'était d'une étreinte dont elle avait besoin, pas d'un verre. Sa voix soudainement écorchée, presque tremblante sembla chercher ses mots, les balayer sous le poids d'un orgueil écrasant et finit par, de nouveau, se réduire au silence. Elle avait tant de chose à coucher là, sur ce bar. Du personnel, son égocentrisme ne le lui aurait jamais pardonné sinon mais également toute ces craintes qui agitait son coeur habituellement si hardi. Des craintes, des doutes, des sentiments, un chaos émotionnels qui se voulait rationnel sans pour autant y parvenir et, au final, seul un bref murmure parvint à échapper au contrôle de son égo pourtant stoïque parmi la tornade qui s'agitait là. J'ai fais une bêtise tu sais. Une grosse... Comment fais-tu pour ne pas avoir assez de mes faux pas ? Moi-même je commence à m'épuiser.... Mmh ? Qu'est-ce que tu disais là demoiselle ? Jouer sur la corde d'une pitié n'était pourtant pas ton genre et...

Se redressant à demi comme pour défaire l'image de chenipan-PLS qu'elle arborait depuis quelques instant, la rousse au regard cerné vint doucement faire face, écartant d'un revers de poignet les quelques larmes qui menaçait ce calme des plus fragile, celui là-même qui la tenait encore debout et ce pour finalement épousseter doucement cette longue robe rouge et replacer ce bustier quelque peu insubordonné. Le désespoir n'avait rien d'attractif et perdre le peu de charme qui lui restait après le passage de son épiderme nacré à blafard et bleu méthylène, après les balafres sévères et cicatrices morales, n'était pas même envisageable. Alors elle avait feint la superbe, maudissant chacun de ces muscles qui, faiblissant, tirait son visage vers une tristesse palpable, chacune des douleurs qui la vrillait lorsqu'elle s'aventurait à esquisser un mouvement trop brusque et, doucement, la belle trouva une posture qui lui assurerait un semblant de prestance. Je la refait, excuse moi. Bonsoir Jules, comment vas tu ? Ca fait un bail dit donc. Je t'ai manqué ? Petit clin d'oeil pour conclure, impeccable. Ca claquait déjà un peu plus que l'échouage de Waillord dans un "mouaaaaaaaaaaaaaaarffff, sauvez moi D8". Mouais. Sourire on a dit. Sou-rire.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Sam 7 Juil - 23:14

Elle se vautre devant toi, ta furie rousse, et tu te sens pâlir. Ses ongles encrassés qui glissent sur le marbre, tu sais qu'ils peuvent griffer tes joues en un mouvement. Et ses cheveux trop fins collés à ses tempes. Et son foulard qui semble l'étrangler, et son regard humide de honte, de haine. Tu ne l'as jamais vue comme ça, vilaine, et ça ne l'empêche pas de te déchirer le palpitant à la force de ses crocs enduits de sucre et de vodka. Et ça brûle. Et ça t'arrache un sourire amer. « Elle... est jolie, ta robe. » T'as bafouillé. T'as rien trouvé de mieux à dire ? Mais c'est vrai qu'elle est jolie sa robe. Elle te réclame de l'alcool, encore, du mauvais de surcroît. Comme si tu étais capable de servir quoi que ce soit qui ne correspondrait pas à tes propres standards.  Tu secoues la tête et disparais quelques instants pour attraper quelques citrons et de quoi les presser. Tu fous ça dans un grand verre, complètes avec de l'eau bien fraîche, et ajoutes quelques glaçons.

Et quand tu lui présentes sa boisson, quand tes yeux fatigués passent sur les bleus de sa gorge, tu as un haut-le-cœur. Et elle se lamente, et ça te brise le cœur. Qui a osé faire ça ? Qui a osé te la rendre toute tremblante comme ça ? Tu n'es ni très fort ni très impressionnant, Mayakovski, mais si tu pouvais tenir les responsables entre tes mains trop grandes... T'en as presque envie de pleurer parce que, quoi que t'en dises, quand elle souffre c'est toi qui souffre. Parce qu'elle polarise tout ce qui peut émaner de ta maigre carcasse, parce que tu ne vois, écoutes, sens qu'elle.

Sauf que quand tu te sens de la serrer contre toi, elle se redresse et ça te bloque net. Elle s'essuie le coin de l’œil et réajuste sa robe, et toi t'es comme un con, vissé derrière ton bar. Et elle te ressort son petit numéro déjà trop réchauffé et, mentalement, tu lui colles une mandale. « T'es odieuse quand tu fais ça. T'as rien à me prouver. » Ta voix est sortie plus sèche que prévu, tu t'en veux un peu. Tu t'en veux beaucoup. « Je t'ai fait une citronnade... » que tu bredouilles en désignant du menton le verre oublié sur le comptoir. Et tu t'écrases à nouveau, Faible Mayakovski. Et tu commences à mettre de l'ordre derrière ton bar avant de te reprendre. Tu te tournes à nouveau vers elle car tu es sincèrement inquiet, Jules. Admets-le. « Attends. Faut vraiment qu'on parle de... ça... » Tu effleures ta propre gorge du bout des doigts, t'as un frisson et regardant la sienne.

Il ne te faut que quelques secondes pour aller attraper ta veste et l'enfiler. Tu la prends par la main, lui fais signe de se taire et attrapes la citronnade avant de l’entraîner discrètement jusqu'à la sortie. A peine tu poses un pieds dehors que tu manques de glisser sur le pavé. « Tu te sens de tenir sur le porte-bagage sans renverser ton verre ? De toute façon tu connais le trajet... »
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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Dim 8 Juil - 20:54
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Un tremblement au bout de l'épiderme, une canine venue sauvagement s'abattre sur sa lèvres inférieure pour sanctionner la faiblesse de son cœur, Vanya avait vacillé. Incapable de taire cette vile douleur qui la brûlait avec l'intensité d'un bout de chaire jeté au sel de Port Pauplie. Les larmes piquait un orgueil pourtant enfermé au plus haut de sa tour, hurlant à tout va qu'il préférait précipiter le monde dans un chaos incandescent plutôt que ployer le genoux et pourtant, Jules était parvenu à délier les serrures une à une pour lui faire face. Comme toujours. Alors, si les sanglots demeurait muselés, les larmes enchaînées au plus bas, sa précieuse majestés s'était vu mise à mal par un adjectif qui lui aurait arraché un rire s'il n'avait émané de ces lèvres-ci. Odieuse. Pourquoi ce mot lui arrachait-il le cœur lorsque c'était cette espèce de grande asperge qui le lui jetait au visage ? Les pires injures et qualifications savaient la draper au détour des magasines à scandales sans pourtant entacher sa précieuse souveraineté alors pourquoi ne parvenait-elle pas à passer outre ce minuscule buissons sur sa route ? Ces propos à peine trop secs qui la précipitait cependant aux portes de la PLS à chaque fois qu'ils heurtaient son coeur. Alors, et pour seule parade, la rousse avait lentement détaché son regard des pailles colorés qui reposaient tout contre elle pour finalement suspendre sa détresse aux cils de cet homme qui lui désignait d'un mouvement vague une citronnade à la grise mine. Ou était-ce là le reflet de son propre état que lui renvoyait le verre sans grande douceur. Qu'importe. Elle l'avait saisi sans un mot, presque résignée, et avait attrapé une paille pour la pincer entre ses lèvres. Dire qu'autrefois ce simple geste, mutin et appuyé par un battement de cil aussi voluptueux que séducteur, aurait arraché des sourires charmés aux spectateurs...
Lamentable. Ses doigts s'étaient doucement ancrés autour de ce verre devenu soudainement précieux à son cœur, s'attardant longuement sur les aléas des glaçons, leurs fêlures et crevasses comme pour feindre l'absence lorsque le regard de Jules se fit plus insistant au contact des hématomes. La jugeait-il ? Sans doute. Et, lorsque le sujet tomba inexorablement sur les épaules de ce cadavre aux boucles ardentes,  celui-ci se raidit brusquement. Avait-elle véritablement envie d'exposer chacune de ses cicatrices ? Pas vraiment. Pourtant, s'il y en avait bien un qui n'avais jamais fuit devant l’immondice que pouvait parfois constituer ce corps balafré, c'était bien lui. Alors peut être pourrait-elle constituer un refuge là, au creux de ses bras rassurant, le temps d'une heure, une nuit, sans craindre qu'il n'appose un regard répugné sur la putride carcasse qui était la sienne. Alors l'espace d'un instant ses iris fuyantes s'étaient désespérément accrochés à celles de son homologue, confiant sans un mot toute la détresse qui pouvait les piquer sans pourtant parvenir à coucher ses démons là, sur le marbre qui les séparait depuis trop d'instant déjà. Et elle avait essayé,véritablement,  mais ils demeuraient insidieusement tapis là, sous une langue immobile, pétrifiée.

Alors, l'espace d'un instant Vanya chercha à crier à l'aide. L'espace d'un instant, elle se crû capable de franchir ce fichu marbre pour se nicher tout contre ce spectre des beaux jours, car quoi qu'elle eut pu crier, quoi qu'elle eu pu chercher à graver à même ses chaires d'une griffe belliqueuse, Jules était un phare immuable dans son épopée chaotique. Un phare qu'aucune tempêtes ou vagues ne parvenaient à balayer. L'une des trop rares constantes qui demeurait là au sein d'une vie déchirée. Implacable. Il fallait avouer qu'il était fort son Jules. Il fallait l'être pour maîtriser pareille Bacchante, apaiser cette harpie aux serres sauvage que représentait son âme trop farouche. Peut être aurait-elle dû un jour le lui souffler, le dessiner du bout des doigts lorsque, suspendu au dessus de son dos, la belle jouait d'arabesque sur sa peau trop pâle. Non, ce n'était effectivement pas un sentiment à museler et pourtant la demoiselle s'était toujours attachée à taire ce genre d'émotion, de peur que cet homme trop précieux à ses yeux ne prennent l'ascendant sur elle, peut être trop craintive à l'idée des blessures qu'il saurait infliger à son cœur si elle le lui cédait plus encore. C'était peut être la raison au pourquoi elle finissait toujours par échouer chez lui sans jamais inverser les rôles. Qu'elle jouait d'intrusion sans permettre pour autant celles du champion de type spectre. Son manoir était une porte ouverture sur sa plus stricte intimité et si elle y avait accueillit Lupin, ce disciple aux allures de protégé, il y avait toujours ces pièces qu'elle refermait à clef. A l'ombre des regards.

Brusquement arraché à ses pensées par une veste vivement passée, sa main avait été entraînée sans véritablement comprendre comment jusqu'à la sortie pour affronter la morsure du froid et le glissement du brun que rattrapa bien maladroitement la coordinatrice. Alors, ses grands yeux bleus avaient doucement épousés les teintes émeraude et dictame que portaient ceux de son voisin, glissant le long de cette initiation au retour jusqu'au vélo rouillé qu'il lui offrait pour finalement éclore dans un pâle sourire. Il ne changerait donc jamais. Toujours aussi avenant, toujours trop doux à son égard. Il méritait qu'elle laisse la trace de ses griffes le long de son dos pour lui rappeler qu'il n'avait pas à à l'enfermer dans un nid de coton et douceur, que ce qui coulait dans ses veines c'était une perfidie aussi impérieuse que sauvage, qu'elle n'était pas une bonne personne, qu'il n'avait pas le droit de faire preuve d'autant d'attention car le mérite allait à d'autre et pourtant, tout doucement, l'égoïsme avait prit le pas sur tout le reste. Elle avait besoin de cette douceur tout particulière et n'avait décidément pas le coeur à la partager, quoiqu'elle eut envie de souffler. Jules, pourquoi étais-tu si délicat ? Un fin soupire aux lèvres, Vanya lui avait subtilisé le verre des mains pour l'apposer sur le trottoir, contemplant un instant cette cicatrice au menton qu'elle se plut à effleurer avant de délicatement passer ses bras autours de son cou. Et à l'instar des sirènes, des muses où nymphe qu'elle se plaisait à imiter lorsque sonnait l'heure des concours, la jolie rousse avait happé ce visage jusqu'à elle, plongeant longuement au travers de ses hiris pour se saisir de ses lèvres comme pour taire la douleur qui brûla soudainement sa poitrine toute entière. Il fallait faire taire les prémisses de cette joute que jouait les sanglots et l'orgueil. Le contact lui avait été nécessaire, s'était fait viscéral, et si elle n'avait bondit à la manière d'un fauve, c'était avec une intensité rare qu'elle s'était pendue à ce baisé. Elle avait besoin de lui. Arceus ! Elle avait tellement besoin de lui, que ses baisés pare sa gorge et que ses bras l'étreigne au moins pour cette nuit. A dire vrai, c'était dans ce genre de moment qu'elle aimerait être la seule, l'unique de sa vie. Quitte à marquer sa fesse droite au fer rouge pour hurler au monde qu'il était à elle et que la grande et puissante Vanya ne partageait pas, mais les faits étaient toujours compliqués et si aujourd'hui elle cherchait nécessairement son contact, le lendemain porterait peut être une futile dispute qui la pousserait pourtant à lui hurler l'exécration qu'elle lui portait. Chacun abordait sa vie comme bon lui semblait et Vanya la première n'exigeait n'avoir aucun compte à lui rendre. Il n'était d'ailleurs pas rare qu'elle vienne choir tout près de lui pour confier entre ses mains ses déboires relationnels, ces amours de passages qui n'était au final qu'un pâle intérêt, qui ne blessait  ni son cœur, ni son âme, mais bien une fierté trop grande. D'un autre côté cependant, cette tempête solaire ne supportait véritablement pas les jeux de regard qui pouvaient s'échanger entre son Jules et les perfides Oratoria qui tentait de faire de l'ombre à sa souveraineté. Aussi vive était l'antipathie du feu à l'égard de l'eau, aussi véhément était les vents aux contours des falaises, Vanya dardait toujours de quelques menaces silencieuses les perfides tentatrices qui œuvraient non loin d'elle. Quitte à plomber d'un égoïsme certain la vie sentimentale de ce si précieux chevalier sur lequel elle avait apposé ses griffes.

Rompant doucement le charme qu'elle avait bien maladroitement instauré, Vanya s'était reculé d'un pas, puis d'un second, chassant d'une inspiration contrôlé les ruines de sa tristesse pour finalement se saisir de sa boisson et pincer entre ses lèvres affamées une bien maigre paille. Sa gorge s'était asséché aux baisés de l'alcool aussi, elle bénit silencieusement Jules pour cette citronnade tout en prenant place à l'arrière du vélo sans grande crainte. Elle arpentait les ruelles de la capitale en escarpin depuis le début de la soirée, elle parviendrait à jouer les princesses gracieusement suspendue à l'arrière d'un vélo, porté par son prince vers de lumineux horizon. En l'occurrence de bien pâle réverbères. Alors la belle avait méthodiquement ramenée sa robe à elle pour éviter tout contact avec les roues, forgé des noeuds avec le tissus pour ne pas s'encombrer inutilement les mains, d'autant plus qu'au point ou elle en était, la superbe n'était plus vraiment de mise. Et elle avait levé se pouce en l'air pour témoigner de son accord sans avoir à lâcher son précieux verre, un petit sourire en coin et le regard plus doux qu'écorché. Le balancement tranquille de ses jambes mises à nue trahit cependant cette impatience qui courrait sur son échine, motivé à la fois par l'épuisement qui l'étreignait et la présence de ce doux regard qui grisait son épiderme depuis quelques instants déjà.

«- Dis... Si on trouve de quoi manger à cette heure-ci, on peu s'y arrêter et emporter ? Je meurs de faim. Tu as mangé d'ailleurs ? Parce que sinon je peux faire des pâtes pour deux hein. » Osa t'elle finalement murmurer du bout des lèvres, la pupille tout d'abord fermement agrippé aux mains du champion pour finalement épouser d'un pâle sourire l'inquiétude qui semblait marquer le brun.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Dim 22 Juil - 21:11

Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? T'aurais même pas de mots à poser dessus, juste un son, un soupire. Car les nœuds dans ton ventre, elle est la seule à te rappeler qu'ils existent. Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? En fait, tu sais pas trop. Peu importe l'amour que tu peux lui porter (rends-toi à l'évidence, Jules), son comportement te paraîtra toujours aussi exécrable. Ses travers, ses manières, tu les hais. Ses lèvres contre les tiennes, tu les hais. Tu les hais car même avec toute la bonne volonté du monde tu auras toujours le soufflé coupé par ce doute lancinant qui profite de ta faiblesse, tapi dans l'ombre de tes côtes. Ça te fait quoi, quand elle t'embrasse ? Je crois que tu sais très bien ce que ça te fait. C'est plus comme avant. Et cette main tu passes autour de sa taille n'est plus comme avant non plus. Et l'alcool âcre. Et le citron trop acide.

Elle brise ce contact et tu sens malgré toi le rose te monter aux joues. Et tes cernes rendues trop noires par les ampoules jaunes pisse des réverbères. A elle non plus, ça ne lui sied pas au teint. Tu la regardes reculer, un pas, un deuxième, et elle grimpe sur ton vélo. Tu ne respires plus, elle sourit, toi aussi, tu peux pas t'en empêcher. T'enfourche ton bolide un larguant un « Je n'ai pas faim. » à peine articulé. De toute façon tu n'as jamais faim. Tu manges par obligation, tu manges quand on te le rappelle, tu manges quand tu trouves des aliments qui ne te mettraient pas trop en danger. « Mais t'en fais pas, je dois avoir de quoi te faire la popote chez moi. » que tu ajoutes en te tournant vers elle, l’œil brillant car tu veux la préserver, car tu sais les efforts qu'elle fait et que tout ruiner serait idiot.

Tu ne t'es même pas rendu compte que tu as déjà commencé à pédaler. Ce n'est qu'un spectre derrière toi, ses maigres bras agrippés à ta veste comme seule assurance de sa présence, de son existence même. Et tu ne prononces pas un mot du trajet, et tu essaies de ne pas aller trop vite pour ne pas la secouer, et tu veux profiter de l'air sur tes paupières, du silence des rues, car tu sais que la nuit va être longue. Et en bas de chez toi, c'est toujours le même cinéma : tu l'invites à descendre de sa monture de rouille avant de donner un coup d'épaule chaque fois trop violent dans cette porte en bois qui ne connaîtra ni serrures ni serruriers. Puis vient l'étape du placard, et ton vélo trop grand pour ce trou dans le mur où tu peines chaque fois à le faire tenir. Cet effort fourni tu souffles un peu, jettes un regard à ta Vanya. Ta Vanya petite et frêle, ivre et fatiguée, en équilibre sur ses talons hauts. Et tu lèves les yeux vers tes escaliers en colimaçon, étroits, interminables. « Je te porte ? »
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L'écueil des Oratorias | Jules

MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Lun 23 Juil - 16:59
L'écueil des Oratorias
Je luis de paillette et me réduit au chaos



Brûlées par l’artifice des réverbères, l'ombre jeté sur le parvis de la capitale glissait, fuyait, s'engouffrant parmi les ténèbres acculée l'espace d'un instant et ce, pour finalement se voir surprendre, rattraper par l'éclat sans saveur d'un or factice. Cependant à l'ombre des bâtiments, nul astre ne savait percer la pollution lumineuse, alors il fallait se contenter de cette triste lueur, criarde, dénué d'élégance, et se perdre dans une capitale devenue trop silencieuse au goût de la rousse. Alors, peut être bercé par les propos d'Amos ou ceux des étoiles de Jirachi, Vanya avait entrouvert ses paupières pour se raccrocher au ventre rond de Lunara, cherchant sans dire mot le soutient de ces étoiles qu'elle s'était autrefois tant plus à contempler pour au final ne se perdre que dans un berceau de brume, terne et opaque. Et un soupire avait échappé à ses lèvres, témoin grandiose de cette lassitude qui courrait le long de son échine depuis quelques temps déjà. Tout semblait si fade aujourd'hui. Le voile de son mascara s'était alors abattu sur les derniers passant, s'érigeant en mur entre le monde et les chimères qui hantait son esprit pour épouser ces réminiscences brumeuses qui jouait côte à côte avec l'Imaginaire. Le murmure des vagues tout contre le port de son enfance avait tôt fait d'écraser le poids du silence, éloignant au rythme de l'écume ces ruelles désertes et la lueur arrogante des réverbères. Puis était venu ce rire, écho du passé. Ce rire qu'elle s'était plu à haïr, écorcher vif, museler, jusqu'à finalement le retravailler minutieusement pour épouser cette élégance qui la paraît aujourd'hui d'une douceur sans pareille. Parfait. Factice. Son esprit intransigeant avait de toute manière tout remodelé pour plaire au mieux, séduire les regards souvent trop dur, arrachant au sauvage de son pas un peu d'éther, à son rire éclatant une note plus harmonieuse et ce, pour finalement éclore en ce semblant de poupée posé là, au conseil, à la vue de tous. Alors, l'espace d'une seconde, Vanya se surprit à rêver que cette rouille maladroite ne s'arrête net, que le regard de Jules perde toute douceur et qu'il ne lui offre un sursaut voué à l'arracher à cette torpeur dans laquelle elle s'était blottit. Une gifle cinglante, une prière voué à l'Eveil. Un appel à cette nature qu'elle refoulait méthodiquement depuis trop d'années déjà et ce, dès lors qu'elle posait le talon hors de son manoir. Hélas ou Grâce, Jules ne fit rien et maintint le cap sans ciller, l'arrachant à la solitude nocturne pour lui offrir cette porte aux allures branlante, si fragile que chacun des coups autrefois porté eut arraché à ses lèvres narquoise une promesse qu'elle finirait par tomber, là, morte. Hélas la porte tenait le coup et s'ouvrait dans un grincement sinistre sur un escalier trop long, sinueux, tortueux, qu'elle se plaisait pourtant habituellement à gravir prestement, dans un élan plus poussé par l'instinct de défis qui battait dans ses veines que par la nécessité véritable de gravir les marches quatre à quatre et ce, pour au final, après avoir difficilement reprit son souffle et apaiser un palpitant féroce, louer sa rapidité face au pas trop tranquille de Jules.

Le temps n'était cependant pas à la course et si la rousse eut nourrit l'espoir aussi vif que bref de jouer de vitesse pour finalement choir contre la porte qui la séparait du canapé, elle se contenta de doucement incliner sa poitrine afin de délier méthodique ses talons et ainsi perdre cinq bons centimètres. Il ne fallait pas déconner, elle ne montait pas ça en talon, dans son état. Ses lèvres s'étaient alors pincées un peu plus fort autour de cette paille qui ne l'avait quitté, maigre substitut à ses envie de baisé, lorsque la lanière de son talon droit lui opposa sa résistance. Froncement de sourcil, grondement à peine perceptible au fond de la gorge, ce tortionnaire pédestre avait finit par céder sous un mouvement dès lors plus impatient et ce, pour se voir finalement couronné d'une invitation au port de son royal fessier. Alors, si Vanya avait un instant croiser le regard de Jules comme on croise le fer, prête à rétorquer du tranchant de sa langue qu'elle était encore capable de gravir ces marches sans rouler jusqu'au palier des suites du mauvaise chute, ce fut un soupire qui eut raison de son cœur. Allez. Allons y. Et alors que ce prince s'évertuait à changer ce terrible dragon en princesse, à parer ses griffes d'une douceur qu'il ne méritait en rien, Vanya porta la main à son chignon défait pour en libérer une cascade de flammes qui vinrent effleurer sans grande pudeur les mains du brun, caressant au passage sa joue dans un mouvement impérieux. Alors peut être, le contact de ce regard abyssal trancha-t'il avec les allures fauves de ses ondulations ardente. Timide, criant d'une sincérité rare, cette fenêtre sur l'âme s'était ouverte sur démons insidieux qui nécrosaient son esprit, hurlant derrière l'humidité de ses iris toute la peur qui battait en elle car après tout, si une émotion balaya toute les autres d'une griffe sévère, ce fut bien celle-ci. La peur. Celle qui avait tout d'abord motivé sa survie et un sursaut du corps pour fuir Port Pauplie, celle qui l'avait arraché à l'hopital pour taire son lamentable état aux regards de tous, celle qui l'avait poussé à s'endurcir pour fuir les chimères cauchemardesques qui, gueule salivantes, nécrosé jusqu'au cœur, rampaient jusqu'à son lit à la nuit tombée pour déverser sur son corps trop blanc une gerbe poisseuse, souillure irrépressible. La peur. Celle qui l'arrachait à ses mauvais songe dans un viscéral tremblement, dans un cris déchirant l'âme. Celle qui l'écrasait depuis, à la lune montante, pour l'acculer entre insomnie et Crawford. La peur, celle qui l'avait irrémédiablement rappelé à ce bar, à ces mains, à son Jules.


« J'ai oublié mon foulard au bar... » Avait-alors murmuré ce spectre diaphane, apposant presque fébrilement ses doigts sur ceux qui la tenait et compressait inexorablement ses plaies refermées. Elles blessaient encore, mais pas autant que la vision qu'elles renvoyaient. Les cicatrices étaient abominables, trop sévères pour que ses muscles ne parviennent véritablement à s'épanouir. Il leurs fallait du temps, elle le savait, d'autant plus que le temps de repos n'avait été en aucun cas respecté et pourtant, l'idée même de voir son corps entravés, défaillant, incapable de suivre ses ambitions lui était insupportable. Alors elle avait bu pour anesthésier la douleur, celle du corps, celle de l'âme. Aussi lamentable soit ce constat. Elle avait fuit d'un pas pressé le conseil et ses regard trop lourds, ces adresses teintés de pitié et ce manque de remontrance. On s'était contenté de doux propos, fermer les yeux sur cette absence de deux semaines en murmurant du bout des lèvres que des gens se tenaient à disposition pour échanger, et si Crawford avait bien eut des mots plus dur, lui aussi avait fini par ployer le genoux sous ce sentiment de pitié, âcre, qui empestait dès lors l'entièreté du bâtiment. Et elle haïssait ça, de tout son être.
Sa consommation brusque de nicotine, pourtant si rare à ses habitudes, avait alors doublé sans pour autant suffire à apaiser sa nervosité alors, acculé, irrité par ces regards trop lourd, ces miroirs que l'on tendait pour lui rappeler son état, ces propos que l'on osait parfois lui offrir, elle avait de nouveau fuit. Et clairement, si son corps avait pu supporter une nouvelle expédition à l'autre bout de l'archipel, son esprit l'aurait mené à la frontière, en plein désert ou sur les Monts Azimuts. Loin de ces maudits sourires trop fébriles. De ces caresses trop douce. Au plus près du chaos, des extrêmes, de ces tempêtes infernales dans lesquelles elle pouvait hurler sans craindre qu'on ne l'entende.
Alors, si le regard s'était clos sous le poids des pensées, ce fut presque instinctivement que ses lèves s'apposèrent sur ce bras qui la tenait, glissant un instant son nez contre le plis du tissus afin d'épouser un semblant de sécurité qui lui arracha un nouveau soupire, plus tranquille cette fois-ci.

«Tu me manque tu sais, Jules.» Glissa-t'elle à mi-mot, passant sans grande pudeur sa main dans la poche arrière de ce géant courbé pour en extirper ses clefs. C'était peut être idiot comme constat en vérité, ou mal venu et pourtant, cette pensée avait échappé à ses lèvres impitoyables, et elle ne pouvait plus revenir en arrière. Alors, si elle aurait pu lui faire signe d'oublier, rire pour briser le soudain silence qui l'entourait, ou tout bonnement donner un brusque coup de pied à cette porte pour bondir et retrouver ce canapé tant convoité, Vanya se contenta d'un pâle sourire. Elle ne pouvait le nier. Cette grande asperge manquait à ses côtés, quoi qu'elle eut pu cracher, maudire ou clamer auréolé de cette force orgueilleuse. Alors sa main était tout doucement remonté, là, caressant du bout de ses doigts cette joue offerte pour finalement, et après une hésitation certaine, la couronner d'un doux baisé niché aux coins des lèvres. « Arrête de me regarder comme ça, s'il te plaît, je n'ai pas besoin que tu me rappelle ô combien je suis pitoyable... »
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Lun 6 Aoû - 1:18


C'est quand même fou, chaque fois que tu la regardes tu la trouves plus petite et plus légère encore. Elle ne pèse presque rien dans tes bras. Tu savais qu'elle accepterait. Tu ne pensais pas qu'elle accepterait si vite. Elle ne pèse presque rien dans tes bras mais le poids de son regard seul suffit à faire glisser un frisson le long de ta colonne, et ses cheveux qu'elle agite, insolente, suffisent à ce que tu veuilles la laisser glisser par terre. C'est quand même fou comme tu es incapable de te débarrasser d'elle, de te détacher de son iris trop bleu. Tu détournes les yeux. Tu n'es pas à l'aise, Jules. Des mots doux, tu en as trop susurré, presque autant que tu as craché d'horreurs. Tu n'assumes plus ce que tu as été, ce que tu es toujours. Tu es celui qui choisit de l'ignorer quand elle mentionne son foulard oublié. Tu es celui qui lui caresse les cheveux quand elle se niche tout contre toi.

Tu lui manques, Jules. Elle te l'a dit. Et la première chose qui te vient, la première chose qui vient rebondir entre tes côtes avant de te coller un uppercut, c'est ta culpabilité. Tu es coupable, Mayakovski. Coupable de l'avoir abandonnée. Coupable de lui offrir tant de tendresse quand elle vient te trouver. Coupable par extension de faire renaître l'espoir, chaque fois plus dur à étouffer. Coupable de faire le mort alors qu'elle a besoin de toi. Coupable d'avoir trouvé comment vivre sans elle, coupable de faire ça très bien. Et, pire que tout, coupable de désamour. Monstre ! Elle attrape tes clés dans ta poche. Monstre ! Elle effleure ta joue, l'embrasse. Monstre ! Tu la regardes l'air hagard, tu veux la repousser, lui hurler de partir et ne plus jamais revenir, pleurer que, vous deux, c'était une grossière erreur. Que vous vous êtes fait mal pour rien. Que c'était du temps perdu.

Mais ta gorge se serre et tu ne fais rien. Tu la poses au sol et récupères tes clés d'entre ses doigts. La serrure est déverrouillée, t'es comme tétanisé au moment d'ouvrir. « Pardon... » De quoi t'excuses-tu ? D'être un piètre être humain ? De vous deux, tu es assurément le plus pitoyable. « Je ne serai jamais celui dont tu as besoin, j'espère que tu en as conscience. » En plus de ça tu n'arrives même pas à lui parler gentiment. Tu allumes la lumière et te diriges vers ta cuisine. « Entre ! » Elle est trop souvent venue dans ton appartement mansardé, plus souvent que tu ne l'aurais voulu. Tu fouilles tes placards, trouves un fond de pâtes et mets une casserole d'eau à bouillir avant de la rejoindre dans ton salon. Tu te prends une branche d'une de tes plantes en pleine face, t'as mal. Tu sais pas par quoi commencer. Tes excuses ? Ses explications ? Un baiser ? Aucune de ces options ne semble être la bonne, tu préférerais t'enfermer dans ton mutisme jusqu'à ce que tu doive aller mettre les pâtes à cuire.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Lun 6 Aoû - 23:05
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Le cœur éclaté à la force de ces impitoyables crocs, Vanya n'avait su esquisser le moindre pas, suspendu, étouffé par cette corde invisible qui reliait son lamentable cadavre au rythme de ce spectre qui s'éloignait déjà. Alors son regard si fier, ses pupilles impérieuse s'étaient chargé d'une brume qu'elle abhorrait avec véhémence,  tenant fébrilement leurs positions, auréolé de cet air altier et noble qui était devenu commun à chacune de ses œillades. Et si cet imprenable fort ne faiblissait en rien, ses fondations même s'affaissaient pourtant lentement. Crétin. Idiot ! L'orgueil de cette harpie blessée se gonfla soudainement face à ses mots pour se tordre abominablement, pour faire face et finalement courber une échine lorsque ses pas refusèrent de suivre un assaut aussi farouche que vindicatif qui visait ce dos fuyant. Pour un peu elle lui aurait jeté ses talons pour chercher à crever son cœur et le sien par la même occasion sous les assauts d'impétueuses aiguilles et pourtant, est-ce l'épuisement qui la contraint à les ranger minutieusement tout près de la porte ? Elle n'avait pas le cœur à faire des ravage, à succomber aux caprices qui lui sied pourtant si bien. Pourquoi ses maudits mots la blessaient-ils avec autant d'aisance ? Quel odieux maléfice lui avait-il jeté pour se hisser aussi insidieusement jusqu'à son âme, poignard entre les dents, pour la perforer de part en part ? Elle le haïssait. Elle le haïssait avec tant de force. Alors et pour seule parade, cette tempête au regard abyssal avait plongé une main dans le chaos de son sac pour en extirper un vulgaire paquet de clope qu'elle entraîna jusqu'à cette fenêtre pour se suspendre là, à son bord. Ses jambes, trop blanches sans doutes, avaient alors embrassé la morsure d'un froid qui ne semblait dès lors plus l'affecter, tandis que son âme en peine s'évertuait à allumer d'une main fébrile un feu pour réchauffer ses entrailles nécrosée. Pourtant cette fumée âcre, tenue entre ses canines acérées, ne la confronta qu'à cette mort qui semblait la hanter depuis plusieurs jours déjà. A cet étrange sentiment d'errance qui avait chassé  toute vie. Et elle prit peur, véritablement.

Alors, si son regard se fit fauve, s'il menaça ouvertement de mordre toute approche pour la précipiter au plus bas des enfers, elle se chargea de cette émotion dont elle haïssait le contact. Luttant vraisemblablement pour ne pas se voir submergé entièrement. Et ces émeraudes cernées de noir. Ce silence. Cette attitude chargée de distance. C'était en train de la ronger, la bouffer de l'intérieur, tenant son cœur et ses viscères à la seule force de cette annihilation de ce qui avait pu autrefois les relier. Cette distance. Elle la haïssait et cherchait toujours à la réduire à grand coup de panique parce qu'elle ne pouvait le supporter, elle ne pouvait accepter la solitude à laquelle elle la condamnait. Et si par le passé elle eut pu timidement se redresser, progresser sans un mot, le regard presque suppliant jusqu'à ses bras qui ne savait lui refusait que trop peu de chose, cette fois-ci elle ne bougea pas, suspendu dans le vide, les joues lacérée par le sel et la douleur. Pas un sanglot n'avait échappé à ses lèvres pincées autour de sa cigarette, pas un soubresaut n'avait osé parer ses épaules. Seule persistait cette odieuse douleur, viscérale, criante, qui marquait chacun de ses muscles. Alors elle recracha ce poison qui glissait le long de sa langue en une fumée morne, viciant l'air qui la séparait de cet ange dont elle avait trop souvent souillé les plumes par égoïsme. Alors elle plongea son regard abyssal dans le précipite qui guettait ses jambes, incapable de penser, de ressentir autre chose que ce soudain froid, que cette douleur omniprésente. Et ces mots qui venaient encore et encore à ses oreilles, chuchotant à la manière de spectre d'effroyables horreurs à son palpitant trop serré...

Elle avait besoin de lui, quoi qu'il lui crache, si bien que cet air hagard inscrit sur ses traits sonnèrent bien vite comme une hérésie à ses oreilles. Arceus, avait-elle étési vile, vilaine, pour qu'il nourrisse pareille rancune à son égard ? Et ce regard qui la fuyait, et cette attention qui manquait... L'espace d'un instant Vanya se cru capable de hurler. Pas forcément des mots chargés de violence, un besoin d'amour viscéral, mais un cri aussi déchirant que sincère, pure expression du mal qui la rongeait. Hélas ses lèvres demeurèrent accroché au baisé de la nicotine, incapable de se défaire du contact de cette amante longiligne entre ses doigts malhabile. Elle avait mal. Comment pouvait-il éveiller toute la douleur que portaient chacun de ses muscles ? Et lorsque l'eau se mit à bouillir bien à l'abri dans la cuisine, lorsque ce fauve décela un premier mouvement chez son homologue, ses muscles se délièrent brusquement. Alors elle avait écrasé sa cigarette contre sa cuisse pour en éteindre les dernières braises contre cet épiderme insensible, avait bondit à terre pour entamer une ascension vers cette âme qu'elle avait trop de fois souillé de ses larges griffes et ce, pour brusquement déstabiliser l'une des jambes de Jules et plaquer le col de cette ombre contre une table pour la piéger sous ses griffes et crocs. L'espace d'un instant les vieux réflexes étaient revenu et un perfide genoux s'était calé entre ses jambes afin d'asseoir un règne qui se voulait incontestable et pourtant, tout doucement, le fauve se laissa aller tout contre ce torse pour finalement apposer sa joue tout contre ce cœur qui n'était à présent plus le sien.

« Laisse moi m'accrocher à toi juste pour ce soir Jules, je t'en supplie... Je deviens totalement folle... J'ai juste envie de tout brûler et de m'éclater le crâne contre le pavé... Tu es la seule personne qui ait un jour le courage de m'aimer, qu'est-ce que j'ai merdé pour que tu me déteste autant ? »

Et si sa voix s'était brisé, si sa prise s'était doucement resserrer autour de ses vêtements comme pour se refuser à toute rupture, ce fut d'un soupire douloureux qu'elle finit par lentement se redresser, penchant dangereusement vers la gazinière pour mettre fin à cette ébullition impérieuse qui crépitait tout près d'eux. Et ce fut avec un peu plus de douceur qu'elle avait retrouvé son assise sur ce synonyme d'un temps trop doux auquel il avait bien fallut dire adieux.
« Je... Je sais que c'est con mais tu la seule personne qui a été bienveillante avec moi.. Je vais perdre ma place de Maîtresse, je le sens, le conseil, je m'en méfie, si je pose pied à Port Pauplie, on me retrouve égorgée ou dans la gueule d'un Aligatueur, je... Je ne veux pas finir toute seule, pas cette nuit... S'il te plaît Jules.. Mens moi, dit moi que ça ira... Demain je serais forte. Demain je cesserai de te hanter... Je veux juste dormir... Au moins pour cette nuit... » Et elle avait ri nerveusement, marmonnant que tout ceci s'apparentait à un épisode de série aussi pitoyable que décousu, cherchant un instant ses mots, trébuchant sur d'autre, jusqu'à finalement se laisser à ses pleurs silencieux, étranglé entre les plis de ces vêtements dont elle s'était autrefois tant plu à en humer le parfum.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Mar 14 Aoû - 1:56
Reconnais-le, tu l'as sous-estimée. Du moins, tu as oublié qu'elle pouvait avoir tant de force. Ou aurais-tu oublié à quel point tu es faible ? Vanya te parle et ton souffle siffle. Vanya pleure et tu étouffes. Vanya est une chape de plomb sur ta poitrine et tes doigts s'emmêlent dans ses cheveux. Ça faisait une éternité que tu n'avais pas fait de crise d'asthme. Tu avais oublié comme elles peuvent être effrayantes. Enfin, entre ta ballade à vélo et cette glorieuse ascension jusqu'à ton appartement où tu as invité un fauve, tu aurais pu t'y attendre un peu. Et Vanya en larme, Vanya qui a choisi ce soir là pour se jeter dans tes bras. Tu parviens à la repousser pour te redresser. Elle va te haïr. Ça te demande un effort considérable de te lever et attraper ta ventoline dans un placard. Et tu t'assois docilement sur cette table où t'as bien cru finir éventré, et tu prends deux bouffées comme on te l'a appris.

Tu fermes les yeux, tu essaies de te calmer. Ne pense pas à elle. Inspire. Expire. Je crois qu'elle te regarde. Ne pense pas à elle. Essaie d'avoir un rythme régulier. Tu crois qu'elle va t'en vouloir ? Non, elle sera plutôt inquiète. Ne pense pas à elle ! Ouvre les yeux. Regarde la. « Je ne te déteste pas. » que tu articules avec ta voix cassée. « Je... » Une quinte de toux. Attends, tu n'allais tout de même pas lui dire que tu l'aimes ? C'est imprudent, tu ne sais même pas si tu le penses ou non. Ta toux se calme et tu relèves les yeux. Tes yeux trop fatigués qui perforent ton visage trop émacié. Tes yeux qui cherchent les siens. « C'est ta famille qui t'a fait du mal ? » Tu parles tout doucement. Tu connais la réponse. « Tu ne leur dois rien, tu sais... » Tu essaies de la réconforter. Tu en es incapable. Inspire. Expire. Ça devrait aller, maintenant. Va verser ces pâtes dans la casserole, qu'on n'en parle plus.

Tu mets le minuteur. « Ne fume plus chez moi, s'il te plaît. Je suis asthmatique... » Elle le sait déjà. Mais toi, tu ne savais pas qu'elle fumait et, sans savoir pourquoi, ça te rend un peu triste. Et t'aimerais lui dire qu'elle pourrait ne jamais repartir si elle le voulait. Même si vous vous déchireriez, même si vous y restiez tous les deux. Tu n'es plus capable de la laisser sur le carreau.
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MessageSujet: Re: L'écueil des Oratorias | Jules Mer 15 Aoû - 13:10
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Sans un mot, la fée nordique se laisse repousser, accrochant son fébrile regard aux mouvement de son Jules, à ce souffle difficile, à l’expression qui étouffe chacun de ses traits. Et elle demeure fiché là, incapable de se mouvoir ou confier de douce paroles, celles-la même qui auraient pu suffire à lui insuffler ne serait-ce qu'un peu de calme. Et il s'étrangle son ange, désespérément accroché à sa ventoline,  avec autant de force qu'elle demeure tétanisée, privée de ces élans autrefois vif. Elle finira par le tuer et elle le sait, par ses actions ou leurs contraires alors, fébrile, elle n'ose apposer ses doigts sur son bras afin de le soutenir dans ce cauchemars dont elle l'ivestigatrice. Chacune de ses adresses semble souiller un peu plus ses ailes, chacun des regards qu'elle pose sur lui semble le condamner un peu plus à l'enfers alors, l'oeil humide, elle rabat méthodiquement ses jambes sous ses cuisses pour redresser sa posture et tromper l'impuissance qui la cloue là, sur cette fichue table. Et il la transperce de ses émeraudes trop vive, lui arrache frissons et cœur d'un simple phrase pour au final la conduire à cette paradoxale culpabilité qui la ronge. Pourquoi ne pouvait-elle se réjouir de cette perche tendue ? Aurait-elle souhaité qu'il confirme cette haine théorique à son égard ? Elle l'ignore, mais la douleur procuré demeure aussi déchirante que vivace. Pourquoi est-elle si compliquée ? Pourquoi est-elle devenue la zone de guerre entre trop de sentiment contraires ? Pourquoi se sent-elle si mal en comprenant que, encore aujourd'hui, se faire une place dans la vie de son joli brun est chose aisée ?

Sa gorge est sèche, sa poitrine hurle à l'exécution mais son regard demeure fermement accroché à ces iris fatiguée, à ces excuses qu'elle n'arrive définitivement plus à confier. Et Arceus sait ô combien elle aimerait qu'il pardonne tous ces mauvais pas. Que tout redevienne comme au début, quitte à fermer les yeux sur toutes ces futilités qui l'avait autrefois poussé aux cris, toute ces petites choses qu’exécrait Jules et qu'elle haïssait chez lui. Alors elle les répètes ces « désolé » silencieux,  s'accroche viscéralement à cette douceur qu'il lui offre mais qu'elle ne mérite en rien et doucement, tout doucement, elle ose le contact. Sa main rampe presque lamentablement jusqu'à celle de son homologue pour délicatement s'en saisir mais se stoppe à l'évocation familial. Et si les larmes lacères ses joues, si ses iris d'outre-mer trahisse un instant toute la peur qui bat en son sein, c'est un rire maladroit qui cueille les propos nerveusement, comme pour dédramatiser la situation. Comme toujours. Et elle s’étouffe cette bacchante impétueuse, noyée par ces réminiscences qui la ramène irrépressiblement aux flots de Port Pauplie. Hélas ses terreurs demeure muettes, enchaînés à ses entrailles nécrosé et à ces explications qu'elle ne parvient à confier. De toute manière, elle-même ignore comment la situation a pu aussi aisément dégénérer dans un cadre où, pourtant,  la valeur du Sang se fait suprême. Alors, sans un mot Vanya clos son regard sur cette vision qui revient, sur cette sensation d'étouffement, sur cette morsure qui lacère son ventre pour au final se confronter à ce visage plaqué derrière ses cils, chimère dont retrace impeccablement l'imaginaire. Et un amer sourire se dessine sur ses lèvres lorsque vient le sujet de la cigarette.

« Je suis désolé Jules. Tellement désolé... »

Si le regard s'est accroché à son ange, si le sourire s'est fait plus douloureux encore, c'est sa voix qui demeure la plus saisissante de tous. Et elle se brise cette aria éthéré, cherche à se raccrocher ci et là mais demeure au final incapable d'éclore en plus de propos alors, tout doucement, la rousse ramène son Jules à elle, porte sa main à ses lèvres pour la baiser fébrilement. Et elle hésite cette vile tentatrice car elle le sait, ce besoin irrépressible qui le lie à cet ange les conduira tout deux aux plus bas enfers. Ce qu'elle fait est mal. Ce qu'elle fait est destructeur. Mais c'est toujours la même rengaine qui leur tourne autour ; chaque contact avec Jules lui rappelle ô combien il semble nécessaire à son bon fonctionnement, la confronte à ce vide que lui seul semble pouvoir combler alors, c'est avec la plus grande des maîtrises qu'elle finit par relâcher cette main trop douce pour concentrer son attention sur ce minuteur qui condamne un peu plus la durée de leur échange. « Je... » Mmmh ? Si c'est pour claquer un "je t'aime" destiné à éveiller sa clémence, ce n'est clairement pas le moment miss. On rappelle qui a manqué de le tuer il y a quelques instants ? Et elle s'éclaircit la voix la demoiselle comme pour chasser tout les éclats qui la bride. Elle a tant à dire, tant à taire... « Ca va un peu mieux ? ... Ton asthme je veux dire.» Ose t'elle finalement tout en fouillant dans son sac à main afin d'en tirer un débardeur noir. Il ne faut pas déconner, les robes de soirées c'est bien pour jouer les sirènes mais au vu de son état, du sommeil qui la menace elle et les affres de l'alcool... Autant la jouer safe. Impudique créature qu'elle est. « Mais tu sais, pour revenir à ce que tu disais... Quand tu nais à Port Pauplie c'est difficile de t'émanciper sans que cela ne prenne le nom de trahison. C'est un peu comme la team rocket, tu n'en sors pas vraiment... » Difficilement, la rousse tente de faire glisser sa robe jusqu'à ses hanches, exposant dès lors l'abominable balafre qui semble l'éviscérer de part en part et ce, avant d'oser de nouveau croiser ces émeraudes cernés de noir. « Et ça finit généralement mal. Ici, la magnifique tentative de prendre position en tant que Maîtresse et non pas Nawra face à son fabuleux papa. Mais si ça peut te rassurer, j'ai eu l'oeil de son maudit aligatueur lorsqu'il a tenté de me bouffer. C'est... Déjà ça de prit... » Marque-t'elle avant de brusquement passer son débardeur, n'assumant clairement pas l'immondice que composent ces plaies à peine cicatrisée. Ses mains quelques peu nerveuses s'affairent alors à ranger cette robe au fond de son sac, cherchant un instant à plaisanter face à ce regard qu'elle devine accroché à ses cuises, atroce continuité des balafres plus tôt rencontré. Et si elle se contente de tirer quelque peu sur son débardeur pour les masquer l'espace d'un instant, c'est un souffle qui finit par trahir ses pensées « C'est laid hein... Je ne suis pas même sûre de gagner le moindre rubans après ça... Genre, c'est difficile à maquiller et ça fait un mal de chien. Genre, vraiment... J'ai quelques anti-douleur mais ça me fait grossir... Et si je ne gagne plus le moindre concours Jules, on est bien d'accord que je perd ma place au conseil hein... »
Et elle tremble la superbe Vanya, de ses pupilles fuyantes à ses mains trop blanches.
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